1 800  plants de café transgénique ont été coupés en Guyane

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Auteur: Laurent Marot, Le Monde
Date: 07 septembre 2004
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Laurent Marot, Le Monde | 07 septembre 2004

par Laurent Marot, Le Monde 03.09.04 http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3228,36-377736,0.html Cayenne (Guyane) Près de 1 800 plants de café transgénique ont été coupés samedi 28 et dimanche 29 août en Guyane, interrompant un essai scientifique conduit par le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad). L'action n'a pas été revendiquée. "C'est un grave préjudice, car il s'agit d'un essai unique au monde, représentant de huit à dix ans de travail" , a indiqué au Monde Jacques Meunier, directeur scientifique adjoint au Cirad, basé à Montpellier. Les plants de café génétiquement modifié en laboratoire ont été mis en terre en 2000 à Sinnamary, sur le littoral guyanais, afin de tester en milieu tropical la résistance de plants transgéniques à la "mineuse des feuilles" , un parasite des cultures caféières. L'essai devait être achevé l'an prochain, et le champ détruit. Mais sa prolongation était à l'étude afin de poursuivre les observations sur des plants arrivés à maturité. "Nous avons pu constater la résistance à la mineuse des feuilles" , précise Philippe Godon, directeur du Cirad en Guyane. "Mais nous perdons un an d'observation , poursuit-il. Après avoir noté que les abeilles n'étaient pas perturbées, nous devions examiner les risques que faisaient courir ces plants sur les autres insectes." Les plants ayant été coupés et non pas arrachés, le Cirad s'interroge aujourd'hui sur la possibilité de relancer l'essai, en attendant la repousse d'ici deux à trois ans. Cinq ans après la destruction de plants de riz transgénique par des militants anti-OGM dans l'un de ses laboratoires à Montpellier, le Cirad hésite à porter plainte. Cette nouvelle affaire intervient dans "un contexte différent, dans un champ ouvert, en Guyane" , explique Jacques Meunier, "même si on ne peut admettre que la recherche publique soit ainsi mise en danger" . Le Grage (Groupement régional des agriculteurs de Guyane) affilié à la Confédération paysanne, s'est réjoui, mercredi 1 er septembre, de cette destruction. En métropole, plusieurs "faucheurs volontaires d'OGM", qui ont agi à visage découvert depuis la fin juillet, sont convoqués devant le tribunal de Toulouse le 16 septembre. " ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 04.09.04
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