La lutte contre la contamination par les OGM dans le monde

Dès la première introduction des OGM au milieu des années 1990, des groupes d’agriculteurs et des ONG avaient mis en garde contre les risques de contamination des autres cultures. Et c’est ce qui s’est passé, exactement de la façon prédite. Nous nous intéressons dans cet article à la façon dont les communautés des différentes parties du monde qui ont été confrontées à une contamination ont élaboré des stratégies pour la combattre.

Dès la première introduction des OGM au milieu des années 1990, des groupes d’agriculteurs et des ONG avaient mis en garde contre les risques de contamination des autres cultures. Et c’est ce qui s’est passé, exactement de la façon prédite. Nous nous intéressons dans cet article à la façon dont les communautés des différentes parties du monde qui ont été confrontées à une contamination ont élaboré des stratégies pour la combattre.

L'accaparement des terres de rizières met en péril la souveraineté alimentaire de l'Afrique

Le Mali, comme plusieurs autres pays d’Afrique occidentale, est devenu un important importateur de riz alors qu’il était récemment un exportateur net. Le gouvernement s’est maintenant engagé dans une initiative nationale sur le riz de plusieurs millions de dollars, censée restaurer l’autosuffisance alimentaire en aidant les agriculteurs du pays à produire plus. Pourquoi le gouvernement a-t-il donc laissé une immense étendue de bonnes terres de rizières à un fonds d’investissement libyen et à des entreprises chinoises ?

Le Mali, comme plusieurs autres pays d’Afrique occidentale, est devenu un important importateur de riz alors qu’il était récemment un exportateur net. Le gouvernement s’est maintenant engagé dans une initiative nationale sur le riz de plusieurs millions de dollars, censée restaurer l’autosuffisance alimentaire en aidant les agriculteurs du pays à produire plus. Pourquoi le gouvernement a-t-il donc laissé une immense étendue de bonnes terres de rizières à un fonds d’investissement libyen et à des entreprises chinoises ?

Les nouvelles armes du génie génétique

Au cours de ces dernières années, les laboratoires et le secteur de la biotechnologie ont développé deux nouvelles techniques, les minichromosomes artificiels et les organites transformés, qui, selon l’industrie, permettront de surmonter les problèmes auxquels elle a été confrontée avec les OGM, notamment leur faible rendement et la contamination génétique. Toutefois, des données de base en biologie et en mathématiques montrent que, contrairement aux allégations de l'industrie, les nouvelles technologies n'empêcheront pas la contamination génétique chez les végétaux. En fait, comme les deux technologies convergent, une possibilité effrayante se profile à l’horizon : qu’une contamination atteigne un nouveau degré de toxicité et ne concerne pas seulement des organismes de la même espèce, mais qu’elle intervienne entre des espèces aussi différentes les unes des autres que le sont des plantes et des bactéries, ou des plantes et des champignons.

Au cours de ces dernières années, les laboratoires et le secteur de la biotechnologie ont développé deux nouvelles techniques, les minichromosomes artificiels et les organites transformés, qui, selon l’industrie, permettront de surmonter les problèmes auxquels elle a été confrontée avec les OGM, notamment leur faible rendement et la contamination génétique. Toutefois, des données de base en biologie et en mathématiques montrent que, contrairement aux allégations de l'industrie, les nouvelles technologies n'empêcheront pas la contamination génétique chez les végétaux. En fait, comme les deux technologies convergent, une possibilité effrayante se profile à l’horizon : qu’une contamination atteigne un nouveau degré de toxicité et ne concerne pas seulement des organismes de la même espèce, mais qu’elle intervienne entre des espèces aussi différentes les unes des autres que le sont des plantes et des bactéries, ou des plantes et des champignons.

La crise alimentaire en Guadeloupe

En 2008, de nombreux pays en développement ont été sévèrement touchés par la crise alimentaire, avec pour conséquence une augmentation importante du prix des denrées alimentaire de base. Des habitants et des organisations ont examiné la situation depuis leurs pays, remettant en question les politiques de leurs gouvernements. Dans cet article, une activiste de la petite île de Guadeloupe, située dans les Caraïbes et rattachée administrativement à la France, explique comment la crise a affecté son pays.

En 2008, de nombreux pays en développement ont été sévèrement touchés par la crise alimentaire, avec pour conséquence une augmentation importante du prix des denrées alimentaire de base. Des habitants et des organisations ont examiné la situation depuis leurs pays, remettant en question les politiques de leurs gouvernements. Dans cet article, une activiste de la petite île de Guadeloupe, située dans les Caraïbes et rattachée administrativement à la France, explique comment la crise a affecté son pays.

Douze ans de culture du soja OGM en Argentine : un désastre pour les populations et pour l'environnement

Le soja génétiquement modifié (GM) a été introduit en Argentine en 1996 sans le moindre débat, que ce soit au Congrès ou au niveau du public. Depuis cette date, sa culture s’est répandue dans l’ensemble du pays comme une traînée de poudre. Aujourd’hui, plus de la moitié des terres cultivables du pays sont plantées en soja.Aucun autre pays au monde n’a consacré une superficie aussi importante à une culture génétiquement modifiée unique. L’Argentine offre une opportunité exceptionnelle d’étudier les conséquences de la culture intensive d’un OGM dans un pays.

Le soja génétiquement modifié (GM) a été introduit en Argentine en 1996 sans le moindre débat, que ce soit au Congrès ou au niveau du public. Depuis cette date, sa culture s’est répandue dans l’ensemble du pays comme une traînée de poudre. Aujourd’hui, plus de la moitié des terres cultivables du pays sont plantées en soja.Aucun autre pays au monde n’a consacré une superficie aussi importante à une culture génétiquement modifiée unique. L’Argentine offre une opportunité exceptionnelle d’étudier les conséquences de la culture intensive d’un OGM dans un pays.

Le riz Nerica - un autre piège pour les petits producteurs Africains

Les variétés de riz Nerica, obtenues par hybridation entre des riz africain et asiatique, sont actuellement qualifiées de « plantes miracles » susceptibles d’apporter à l’Afrique une révolution verte du riz annoncée depuis bien longtemps. Une puissante coalition de gouvernements, d’instituts de recherche, de semenciers privés et de bailleurs de fonds ont engagé une grande initiative pour diffuser les semences de Nerica dans l’ensemble des rizières du continent. Tous affirment que le Nerica peut développer les rendements et assurer l’autosuffisance de l’Afrique en matière de production rizicole.Cependant, hors des murs des laboratoires, le Nerica ne s’avère pas à la hauteur de la publicité tapageuse qui en est faite. Depuis que les premières variétés de Nerica ont été introduites en 1996, les expériences ont été mitigées chez les agriculteurs, qui signalent un certain nombre de problèmes. Le plus grave problème lié au Nerica est peut-être que sa promotion s’intègre dans un mouvement plus large d’expansion de l’agrobusiness en Afrique, qui menace de faire disparaître les fondements même de la souveraineté alimentaire de l’Afrique: les petits producteurs et leurs systèmes locaux d’utilisation durable de semences.

Les variétés de riz Nerica, obtenues par hybridation entre des riz africain et asiatique, sont actuellement qualifiées de « plantes miracles » susceptibles d’apporter à l’Afrique une révolution verte du riz annoncée depuis bien longtemps. Une puissante coalition de gouvernements, d’instituts de recherche, de semenciers privés et de bailleurs de fonds ont engagé une grande initiative pour diffuser les semences de Nerica dans l’ensemble des rizières du continent. Tous affirment que le Nerica peut développer les rendements et assurer l’autosuffisance de l’Afrique en matière de production rizicole.Cependant, hors des murs des laboratoires, le Nerica ne s’avère pas à la hauteur de la publicité tapageuse qui en est faite. Depuis que les premières variétés de Nerica ont été introduites en 1996, les expériences ont été mitigées chez les agriculteurs, qui signalent un certain nombre de problèmes. Le plus grave problème lié au Nerica est peut-être que sa promotion s’intègre dans un mouvement plus large d’expansion de l’agrobusiness en Afrique, qui menace de faire disparaître les fondements même de la souveraineté alimentaire de l’Afrique: les petits producteurs et leurs systèmes locaux d’utilisation durable de semences.

Crise alimentaire de 2004-2005 au Niger : Avons-nous tiré les leçons ?

La crise alimentaire de 2004-2005 au Niger avait à l’époque suscité beaucoup de débats. De nombreux articles ont notamment été publiés, tentant d’en expliquer objectivement ou non les causes et les manifestations. Pour comprendre ce qui s’est passé, il importe de retenir que cette crise avait un caractère multifactoriel, avec des facteurs structurels et conjoncturels.

La crise alimentaire de 2004-2005 au Niger avait à l’époque suscité beaucoup de débats. De nombreux articles ont notamment été publiés, tentant d’en expliquer objectivement ou non les causes et les manifestations. Pour comprendre ce qui s’est passé, il importe de retenir que cette crise avait un caractère multifactoriel, avec des facteurs structurels et conjoncturels.

La biodiversité ou les barrages ? Une communauté amazonienne se bat pour ses terres

Depuis cinq ans, les habitants de Mangabal, une petite communauté proche de la rivière Tapajós, en Amazonie brésilienne, cherchent à obtenir des droits définitifs sur leurs terres. Ils ont gagné devant les tribunaux, mais ils sont maintenant plus que jamais menacés d’être expulsés de leurs terres : le territoire qu’ils occupent est convoité pour laisser la place à des centrales hydroélectriques destinées à fournir de l’énergie à de grandes compagnies minières. Mais le processus même de la lutte contre cette dernière menace est en train de renforcer l’autonomie de la communauté. Les ribeirinhos (c’est-à-dire les habitants des rives de la rivière) de Mangabal considéraient autrefois que les groupes autochtones voisins étaient des rivaux ou des ennemis, mais maintenant ils comprennent qu'ils sont confrontés à de nombreux problèmes communs et que seule une mobilisation collective leur permettra réellement de progresser.

Depuis cinq ans, les habitants de Mangabal, une petite communauté proche de la rivière Tapajós, en Amazonie brésilienne, cherchent à obtenir des droits définitifs sur leurs terres. Ils ont gagné devant les tribunaux, mais ils sont maintenant plus que jamais menacés d’être expulsés de leurs terres : le territoire qu’ils occupent est convoité pour laisser la place à des centrales hydroélectriques destinées à fournir de l’énergie à de grandes compagnies minières. Mais le processus même de la lutte contre cette dernière menace est en train de renforcer l’autonomie de la communauté. Les ribeirinhos (c’est-à-dire les habitants des rives de la rivière) de Mangabal considéraient autrefois que les groupes autochtones voisins étaient des rivaux ou des ennemis, mais maintenant ils comprennent qu'ils sont confrontés à de nombreux problèmes communs et que seule une mobilisation collective leur permettra réellement de progresser.

5. Avec les stratégies locales de conservation des semences traditionnelles, les paysans africains résistent aux multinationales : Cas du Sud-Ouest Bénin

5. Avec les stratégies locales de conservation des semences traditionnelles, les paysans africains résistent aux multinationales : Cas du Sud-Ouest Bénin

5. Avec les stratégies locales de conservation des semences traditionnelles, les paysans africains résistent aux multinationales : Cas du Sud-Ouest Bénin

L'aide en semences, l'agrobusiness et la crise alimentaire

La crise alimentaire mondiale, hâtivement définie par ceux qui sont au pouvoir comme un problème de production insuffisante, est devenue le Cheval de Troie par lequel les semences industrielles, les engrais et, subrepticement, les mécanismes du marché, pénètrent dans les pays pauvres. Comme l’expérience passée le montre, ce qui semble être une « aide en semences » à court terme peut masquer ce qui est en fait une « aide en agrobusiness » à long terme. Nous faisons le point ici sur ce qui est en train de se passer.

La crise alimentaire mondiale, hâtivement définie par ceux qui sont au pouvoir comme un problème de production insuffisante, est devenue le Cheval de Troie par lequel les semences industrielles, les engrais et, subrepticement, les mécanismes du marché, pénètrent dans les pays pauvres. Comme l’expérience passée le montre, ce qui semble être une « aide en semences » à court terme peut masquer ce qui est en fait une « aide en agrobusiness » à long terme. Nous faisons le point ici sur ce qui est en train de se passer.

Main basse sur les terres agricoles en pleine crise alimentaire et financière

La synergie actuelle entre la crise alimentaire et la crise financière a déclenché un nouvel « accaparement des terres » au niveau mondial. D’un côté, des gouvernements préoccupés par l’insécurité alimentaire qui recourent à des importations pour nourrir leurs populations s'emparent de vastes territoires agricoles à l’étranger pour assurer leur propre production alimentaire offshore. De l’autre, des sociétés agro-alimentaires et des investisseurs privés, affamés de profits dans un contexte d’aggravation de la crise financière, voient dans les investissements dans des terres agricoles à l’étranger une source de revenus importante et nouvelle. De ce fait, des terres agricoles fertiles sont de plus en plus privatisées et concentrées. Si elle devait rester incontrôlée, cette main basse sur les terres à l’échelle planétaire pourrait sonner le glas des petites exploitations agricoles et des moyens de subsistance ruraux dans bien des régions du monde.

La synergie actuelle entre la crise alimentaire et la crise financière a déclenché un nouvel « accaparement des terres » au niveau mondial. D’un côté, des gouvernements préoccupés par l’insécurité alimentaire qui recourent à des importations pour nourrir leurs populations s'emparent de vastes territoires agricoles à l’étranger pour assurer leur propre production alimentaire offshore. De l’autre, des sociétés agro-alimentaires et des investisseurs privés, affamés de profits dans un contexte d’aggravation de la crise financière, voient dans les investissements dans des terres agricoles à l’étranger une source de revenus importante et nouvelle. De ce fait, des terres agricoles fertiles sont de plus en plus privatisées et concentrées. Si elle devait rester incontrôlée, cette main basse sur les terres à l’échelle planétaire pourrait sonner le glas des petites exploitations agricoles et des moyens de subsistance ruraux dans bien des régions du monde.

La résistance aux multinationales : l'expérience des familles paysannes au Sud-Ouest Bénin

Depuis plusieurs décennies, les multinationales essaient par tous les moyens de contrôler la manière dont l’Afrique utilise ses ressources génétiques, ses semences en particulier. Les stratégies qu’elles ont employées incluent l’introduction d’intrants chimiques avec tous les problèmes que cela peut entraîner, l’adoption de lois nationales et/ou régionales inspirées pour la plupart des modèles européens et la mise en place de programmes soutenus par les Etats-Unis, tels que la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (l’AGOA) ou le Fonds pour les défis du millénaire  (le Millennium Challenge Account ou MCA). Les communautés locales, en revanche, résistent avec calme et dignité en transmettant leurs propres pratiques agricoles de génération en génération. Des exemples relevés durant un voyage au Sud-Ouest Bénin montrent ainsi comment les communautés parviennent encore à contrôler leur utilisation des semences et à gérer leurs ressources génétiques.

Depuis plusieurs décennies, les multinationales essaient par tous les moyens de contrôler la manière dont l’Afrique utilise ses ressources génétiques, ses semences en particulier. Les stratégies qu’elles ont employées incluent l’introduction d’intrants chimiques avec tous les problèmes que cela peut entraîner, l’adoption de lois nationales et/ou régionales inspirées pour la plupart des modèles européens et la mise en place de programmes soutenus par les Etats-Unis, tels que la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (l’AGOA) ou le Fonds pour les défis du millénaire  (le Millennium Challenge Account ou MCA). Les communautés locales, en revanche, résistent avec calme et dignité en transmettant leurs propres pratiques agricoles de génération en génération. Des exemples relevés durant un voyage au Sud-Ouest Bénin montrent ainsi comment les communautés parviennent encore à contrôler leur utilisation des semences et à gérer leurs ressources génétiques.

Leçons d'une Révolution verte en Afrique du Sud

Le dernier plan de sauvegarde pour l'Afrique est de nouveau une Révolution verte. GRAIN, avec un grand nombre d'autres, a écrit et commenté abondamment sur l'Alliance pour une révolution verte pour l'Afrique (AGRA) et sur les impacts qu'il aura dans le continent.[1] En attendant, ce modèle de Révolution verte a déjà été mis en place ces cinq dernières années dans la province orientale du Cape en Afrique du Sid. Cela nous fournit un exemple et une indication des résultats probables d'une telle approche dans d'autres endroits d'Afrique.

Le dernier plan de sauvegarde pour l'Afrique est de nouveau une Révolution verte. GRAIN, avec un grand nombre d'autres, a écrit et commenté abondamment sur l'Alliance pour une révolution verte pour l'Afrique (AGRA) et sur les impacts qu'il aura dans le continent.[1] En attendant, ce modèle de Révolution verte a déjà été mis en place ces cinq dernières années dans la province orientale du Cape en Afrique du Sid. Cela nous fournit un exemple et une indication des résultats probables d'une telle approche dans d'autres endroits d'Afrique.