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Messages clé :

  • Une importante restructuration horizontale et verticale du marché agroalimentaire est en cours. Une multitude de méga-fusions entraîne une consolidation sans précédent dans les secteurs des semences, de l'agrochimie, des engrais, de la génétique animale et des machines agricoles, tout en consolidant la position de plus en plus dominante des acteurs majeurs des secteurs de la transformation et de la vente au détail.
  • Les nouvelles technologies de l’information apparaissent comme un puissant moteur de consolidation. Une intégration verticale effrénée permet aux entreprises de regrouper sous un même toit les services de données satellitaires, la fourniture d'intrants, l'information génomique au niveau de l'exploitation, la machinerie agricole et l'information sur le marché, transformant ainsi complètement l'agriculture.
  • Le niveau élevé et rapidement croissant de concentration renforce le modèle agroalimentaire industriel, en exacerbe les retombées sociales et environnementales et aggrave les déséquilibres de pouvoir déjà existants.
  • La consolidation de l'industrie agroalimentaire a rendu les agriculteurs de plus en plus dépendants d'une poignée de fournisseurs et d'acheteurs, réduisant davantage leurs revenus et érodant leur capacité à choisir ce qu’ils cultivent, comment ils cultivent et pour qui.
  • Les entreprises dominantes rachètent les innovateurs et en transfèrent les ressources vers des modes d'investissement plus défensifs, ce qui réduit la portée de la recherche et de l'innovation.
  • Le manège des rachats d'entreprises, de roulement des conseils d’administration et de restructuration illusoire des produits érode les engagements pris en matière de durabilité, dissipe les responsabilités et ouvre la porte aux abus et à la fraude.
  • La ruée vers le contrôle de la génomique végétale, de la recherche chimique, des machines agricoles et de l'information sur les consommateurs via le Big Data entraîne des mégafusions. Cela exacerbe les déséquilibres de pouvoir, les dépendances et les obstacles à l'entrée dans le secteur agroalimentaire.
  • Les entreprises dominantes sont devenues trop grandes que pour nourrir durablement l'humanité, trop grandes que pour fonctionner équitablement avec d'autres acteurs du système alimentaire et trop grandes que pour conduire les types d'innovation dont nous avons besoin.
  • Les vastes répercussions des mégafusions échappent souvent à l’examen des organismes de réglementation, mais les mesures récentes visant à redéfinir les pratiques anticoncurrentielles et à élargir la portée des règles de la concurrence commencent à inverser cette tendance.
  • Les mesures visant à créer un nouvel environnement en matière d’ententes doivent être accompagnées de mesures visant à réorienter fondamentalement les incitations des systèmes alimentaires et à s'attaquer aux causes profondes de la consolidation.
  • Une évaluation collaborative de la consolidation agroalimentaire et un traité de l'ONU sur la concurrence sont nécessaires pour assurer une surveillance transnationale des mégafusions.
  • Une transition vers une innovation diversifiée et décentralisée, des connaissances applicables au niveau local et des technologies en libre accès - un nouveau paradigme de « wide tech » - sont nécessaires de toute urgence afin de rendre les avantages du Big Data accessibles à tous.
  • Les chaînes d'approvisionnement courtes, les modèles novateurs de distribution et d'échange dont les initiatives d'économie solidaire doivent continuer à contourner, perturber et désamalgamer les chaînes d'approvisionnement traditionnelles. A terme, ces initiatives doivent être soutenues par des politiques alimentaires intégrées.

Source: IPES

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