Biosécurité: Les organisations paysannes et les OGM

by Abdou Karim Sawadogo | 15 Apr 2004
http://fr.allafrica.com/stories/200404150182.html Biosécurité: Les organisations paysannes et les OGM L'Observateur Paalga (Ouagadougou) 15 Avril 2004 Abdou Karim Sawadogo Du 12 au 17 avril 2004 se tiennent à l'hôtel Pacifique des journées d'information sur la problématique des OGM et les droits des communautés locales au Burkina Faso. A cette occasion, un atelier de réflexion se tient du 14 au 16 avril 2004, qui réunit les leaders et responsables d'organisations paysannes, d'associations de consommateurs et d'organisations de la société civile, défendant les intérêts des agriculteurs africains. Ces journées d'information et de sensibilisation sur la problématique des OGM et les droits des communautés locales ont été organisées par une coalition d'organisations paysannes. Ce sont : la Fédération nationale des organisations paysannes (FENOP), le Cadre de concertation d'agroécologie (CCAE) et INADES-Formation/Burkina Faso (IF/B), en collaboration avec l'Association de coopération et de recherches pour le développement (ACCORD-Sahel) ainsi que l'Action internationale pour les ressources génétiques (GRAIN). Selon ces organisations, la problématique des OGM, qui menacent le patrimoine génétique africain en général et burkinabè en particulier, est malheureusement peu connue par les communautés locales, qui, pourtant sont les premières concernées. En effet, des décisions ont été prises sans aucune action conséquente pour informer et sensibiliser les populations à la question des OGM, contrairement à ce qui est préconisé par la loi, modèle de l'union africaine. A titre d'illustration, ces défenseurs du patrimoine génétique ont fait remarquer qu'en juillet 2003, le Burkina Faso devenait le premier pays d'Afrique occidentale à accueillir officiellement des plantes transgéniques sans avoir défini au préalable un cadre réglementaire conséquent pour protéger les populations et l'environnement contre les risques liés aux OGM. L'organisation de ces journées d'information et de sensibilisation vise, entre autres objectifs, à informer et sensibiliser le monde paysan, les organisations de la société civile, les députés et les décideurs politiques aux deux lois modèles africaines et à leur portée pour le Burkina Faso et l'Afrique. Au cours de l'atelier, qui a ouvert ses portes le mercredi 14 avril à partir de 9 heures à l'hôtel Pacific, plusieurs thèmes seront traités. Ce sont :"Les OGM : définition, avantages et risques pour l'agriculture africaine" ; "Les enjeux du vivant pour l'agriculture africaine" ; Les valeurs traditionnelles liées aux ressources biologiques" ; "Le coton Bt en Afrique de l'Ouest et le cas de Percy Schmeiser", pour ne citer que ceux-là. Ces thèmes seront développés par des experts en génétique venus des pays d'Afrique et d'Europe, notamment la prof Jeanne Zoundjihékpon de GRAIN-Afrique, venue du Bénin, le docteur Ali Brac de la Perrière de BEDE/Inf'OGM, venu de la France, Devin Kuyek du Canada et bien d'experts nationaux. Dans son allocution d'ouverture, le directeur de l'INADES-Formation/Burkina Faso, Honoré Millogo, a souligné l'engagement des organisations paysannes à la préservation du patrimoine génétique du monde et du bien de tous depuis le Sommet de Johannesburg. Elles s'opposent fermement, selon M. Millogo, à la privatisation des biens essentiels et vitaux (eau, terre, ressources génétiques, etc.) et dénoncent toute forme de diffusion des OGM. Il a enfin cité les deux lois modèles de l'Union africaine, qui doivent servir d'exemple à tous les Etats de l'union, mais qui, malheureusement, sont connues par peu d'Africains, particulièrement dans le monde rural. Ce sont les lois portant sur la "Protection des droits des communautés locales, des agriculteurs et des obtenteurs, et les règles d'accès aux ressources biologiques" ainsi que "Le modèle africain sur la sécurité en biotechnologie". Pour les organisateurs de ces journeés, le comité national de biosécurité, mis en place par les autorités nationales, qui a pour attribution de s'occuper de la consultation nationale et de l'élaboration du cadre sur la biosécurité, gagnerait à s'élargir aux organisations paysannes et aux associations locales. Nous reviendrons sur ce sujet d'importance avec la conférence de presse qu'animera cette coalition le vendredi 16 avril 2004 dans l'après-midi. Copyright © 2004 L'Observateur Paalga. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com).
Author: Abdou Karim Sawadogo
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