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Semences paysannes fondement de la souveraineté alimentaire en Afrique de l’Ouest Par Anne Berson, BEDE, Juin 2007 Si en Europe, les lobbies semenciers de l’agrochimie déploient leurs énergies pour accroitre leurs monopoles (dissémination du maïs Génétiquement Modifié, directive européenne...) ; la privatisation des semences en Afrique de l’Ouest est du reste bien en marche. L’épée de Damoclès plane au dessus du patrimoine culturel, naturel que sont les semences paysannes sélectionnées depuis des millénaires par les paysans et ce d’autant plus que ces derniers restent pas ou peu informés des enjeux. Cependant des initiatives se multiplient sur les différents continents pour faire face à ces menaces et établir l’autonomie paysanne en semences. Biopiratage, pillage du bien des communautés rurales
Un programme pour uniformiser les législations sur les semences et ouvrir le marché des semences certifiées Le durcissement des législations sur les semences de l’Afrique de l’Ouest est actuellement à l’ordre du jour des organisations intergouvernementales. Plusieurs législations s’affrontent mais c’est sous l’égide de la CEDEAO [1], qu’elles vont être uniformisées (catalogue ouest africain des variétés végétales, harmonisation des règles de certification et de commercialisation). Il est fort à craindre pour la biodiversité cultivée et les variétés locales car elles ne sont pas reconnues par ce système. Lors de la conférence d’Accra fin février 2007, les organisations semencières privées annonçaient la création d’un futur réseau des organisations productrices privées de semences d’Afrique de l’Ouest ; un nouvel espace pour négocier et favoriser les droits des semenciers et organiser la conquête de marché, autrement dit la recherche de dépendance des producteurs. Les accords de Bangui révisés, une photocopie de la convention UPOV 91 [2] En Europe la convention UPOV régit la propriété intellectuelle sur les variétés végétales. Elle restreint considérablement le droit des agriculteurs sur leurs semences en les obligeant à s’acquitter de royalties même sur les semences issues de leur propre récolte. Si l’on consulte la liste des membres qui ont ratifié la convention UPOV on ne trouve pas de pays africain. Etonnant que ce système mis au point en France n’ait pas gagné les anciennes colonies ! D’autant plus que les accords de l’OMC [3] sur la propriété intellectuelle dits accord ADPIC [4] et son fameux article 27.3 b. obligent ses pays membres à se doter de règles de protections sur les variétés végétales. Les pays d’Afrique auraient pu adapter un système à leur contexte. Mais la possibilité d’innover en la matière a été rapidement bafouée car la loi modèle de l’OUA [5] a tout simplement été torpillée par l’OAPI [6] et la mise en place de l’annexe X des accords de Bangui révisés (encadré).
1 - Communauté Economique Des Etats d’Afrique de l’Ouest |
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Semences de la biodiversité est une note d’information qui paraît à tendance mensuelle et qui fournit des informations sur les droits de propriété intellectuelle en relation avec la biodiversité agricole. Alors que les informations sur ce sujet sont disponibles dans la plupart du monde, l’Afrique, particulièrement l’Afrique francophone, n’a pas accès aux mêmes informations. Pour faciliter sa dissémination et sa lecture, ce journal est disposé sur une, deux ou trois pages et est écrit dans un français simple. |
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feb 2008 |
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