Nouveautés de GRAIN 07 octubre 2009
[Nouveautés de GRAIN] Les paysans peuvent refroidir la planète
Un nouveau rapport, publié aujourd'hui par GRAIN, montre que
l'agriculture peut réincorporer dans le sol une grande
partie du dioxyde de carbone présent en excès dans
l'atmosphère.
Les sols contiennent d'énormes
quantités de carbone, principalement sous la forme de
matière organique. Le rapport montre, preuves à l'appui,
qu'au cours des cinquante dernières années, l'agriculture
industrielle, et le système alimentaire qui lui est associé,
ont laissé s'échapper dans l'atmosphère une grande
proportion de ce carbone. Des calculs indiquent également
qu'une politique qui mettrait l'agriculture entre les mains
des petits agriculteurs et s'appliquerait à restaurer la
fertilité des sols contribuerait très largement à résoudre
la crise climatique qui s'amplifie rapidement. Il est clair
qu'un programme coordonné mondialement permettrait de
reconstituer graduellement la matière organique perdue au
cours des dernières décennies. En l'espace de cinquante ans,
les sols pourraient capturer environ 450 milliards de tonnes
de gaz carbonique, l'équivalent de plus des deux-tiers de
l'excès actuel de CO2 dans l'atmosphère.
Dans ce
rapport, nous voyons également que le rôle joué par le
système alimentaire industriel mondial dans la crise
climatique a été considérablement sous-estimé. Des calculs
révèlent que le système alimentaire est le facteur unique le
plus important du dérèglement climatique et qu'il est
responsable de plus de la moitié des émissions des gaz à
effet de serre dans le monde. Plusieurs explications à ce
chiffre : la production agricole industrielle totalement
dépendante du pétrole, l'expansion de l'industrie de la
viande, la destruction des savanes et des forêts pour faire
pousser à eur place des marchandises agricoles,
l'utilisation d'énergies fossiles pour le transport et la
transformation de la nourriture, et l'usage massif des
engrais.
Transformer le système alimentaire mondial
de façon à refroidir plutôt qu'à réchauffer la planète,
nécessite un changement fondamental de notre mode de
production. Il faudrait inverser les tendances actuelles qui
favorisent la concentration des terres et l'expansion de
l'agriculture industrielle. Nous ne serons en mesure de
restaurer les milliards de tonnes de matière organique
perdus par les sols du monde entier, que si des millions de
petits agriculteurs et de communautés rurales ont accès à la
terre et peuvent compter sur des politiques qui protègent
leurs moyens de subsistance.
LIRE LES ARTICLES DE
SEEDLING
LA TERRE AU SECOURS DE LA TERRE par GRAIN
http://www.grain.org/seedling/?id=644
L'importance des sols face à la crise climatique
LE SYSTÈME ALIMENTAIRE INTERNATIONAL ET LA CRISE CLIMATIQUE
par GRAIN
http://www.grain.org/seedling/?id=645
Aujourd'hui, le système alimentaire mondial, malgré ses
semences hi-tech et ses emballages sophistiqués, est
incapable de nourrir le monde. L'énormité de l'échec est
patente, mais on n'envisage pas, dans les coulisses du
pouvoir, de changer de direction. Des mouvements de plus en
plus importants réclament le changement à grands cris, mais
les gouvernements et les agences internationales persistent
dans le même sens : toujours plus d'agrobusiness, plus
d'agriculture industrielle, plus de mondialisation. Alors
que la planète entre dans une période de changement
climatique précisément causé, en grande partie, par ce
modèle d'agriculture, une telle incapacité à se décider
sérieusement à l'action va rapidement faire empirer une
situation déjà intolérable. Le mouvement mondial pour la
souveraineté alimentaire est toutefois porteur d'espoir.
LE LOBBY AGRO-INDUSTRIEL ARRIVE À COPENHAGUE par le
Grupo de Reflexión Rural, Biofuelwatch, EcoNexus et NOAH -
Amis de la terre Danemark
http://www.grain.org/seedling/?id=659 Jusqu'à
maintenant, l'agriculture a été pour l'essentiel exclue des
marchés carbone mondiaux. Toutefois, ceci est appelé à
changer en décembre 2009 à la conférence de Copenhague. Les
firmes agro-industrielles déploient actuellement un lobby
intense pour obtenir qu'une série d'activités agricoles
soient autorisées à bénéficier d'un futur financement dans
le cadre du Mécanisme de développement propre (MDP). De ce
fait, des milliards de dollars seront presque certainement
investis dans l'agriculture, surtout pour l'élevage et les
plantations. Ce qui rend cette perspective particulièrement
inquiétante, c'est que ces énormes investissements,
effectués au nom de l'atténuation de la crise climatique,
bénéficieront pour l'essentiel aux grosses entreprises
agro-industrielles. Et c'est justement leur approche de
l'agriculture et de la production alimentaire qui a créé la
majeure partie des problèmes auxquels nous sommes confrontés
aujourd'hui.
VRAIS PROBLÈMES, FAUSSES SOLUTIONS
par le Grupo de Reflexión Rural, Biofuelwatch, EcoNexus et
NOAH - Amis de la Terre Danemark
http://www.grain.org/seedling/?id=660 Trois
activités (l'agriculture en semis direct, le biochar et
l'élevage plus intensif avec des émissions de méthane
réduites) vont sans doute bénéficier d'un financement
supplémentaire du fait de leur rôle supposé dans la lutte
contre le réchauffement climatique. Où sont les preuves que
ces activités peuvent réduire les émissions de gaz à effet
de serre ? Que va-t-il advenir de la biodiversité de la
planète et du climat mondial si ces secteurs connaissent une
énorme expansion ? Et qui va sans doute en profiter ?
CHANGEMENTS CLIMATIQUES EN AFRIQUE DE L'OUEST : RISQUES
POUR LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE ET LA BIODIVERSITÉ par OFEDI et
GRAIN
http://www.grain.org/seedling/?id=658 L'Afrique
de l'Ouest est extrêmement vulnérable au changement
climatique, ce qui est dû en partie au fait que
l'agriculture y est essentiellement pluviale. On remarque
déjà des perturbations très préoccupantes et la situation ne
peut qu'empirer. Si elle veut éviter des bouleversements
cataclysmiques, la région doit de toute urgence trouver des
moyens de préserver ses précieux écosystèmes et de soutenir
les paysans et les autres producteurs, pour leur permettre
d'adapter leurs savoirs traditionnels à des changements
considérables.
ENTRETIEN AVEC DAVI KOPENAWA
YANOMAMI
http://www.grain.org/seedling/?id=661 En juin
2009, Davi Kopenawa Yanomami, chamane de l'une des
communautés Yanomami - ces Indiens, qui vivent au Nord du
Brésil, près de la frontière du Venezuela, sont au nombre de
16 000 - a fait une tournée en Europe pour parler aux hommes
politiques et à la presse. Il voulait s'assurer qu'une voix
indigène pourrait se faire entendre au cours de la
préparation à la conférence qui aura lieu à Copenhague en
décembre 2009. Les réponses suivantes sont des passages de
ses entretiens.
LES COMMUNAUTÉS DU PACIFIQUE SOUS
LA MENACE D'UN GÉNOCIDE CULTUREL. Entretien avec Sandy
Gauntlett
http://www.grain.org/seedling/?id=662 Sandy
Gauntlett est un activiste écologiste d'origine Maori. Il
donne des cours de gestion des ressources indigènes à
l'Université indigène de Te Wanaga O Aotearoa en
Nouvelle-Zélande. Il est aussi président de la Coalition
environnementale des peuples autochtones du Pacifique
(Pacific Indigenous Peoples' Environment Coalition) et du
point focal régional du Pacifique (PacificRegional Focal
Point) pour la Coalition mondiale des forêts.
TIRPAA : DROITS DES PAYSANS OU MARCHÉ DE DUPES par Guy
Kastler
http://www.grain.org/seedling/?id=638 L'Organe
Directeur du Traité International sur les Ressources
Phytogénétiques pour l'Alimentation et l'Agriculture a tenu
sa troisième réunion du 1° au 5 juin 2009 à Tunis. Les
paysans ont gagné de belles déclarations d'intention pendant
que les firmes semencières ont consolidé leur accès gratuit
à l'ensemble des semences paysannes de la planète et ont
consolidé leur monopole sur les semences commerciales.
Derrière des affrontements entre états du Sud et du Nord
parfois assez vif, le « Traité sur les semences » offre-t-il
de nouvelles opportunités aux paysans ?
|