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Nouveautés de GRAIN Projets de biosécurité de la banque mondiale condamnés ... Cliquez ici pour voir plus d'informations / le rapport DES ORGANISATIONS D'AFRIQUE ET D'AMERIQUE LATINE CONDAMNENT LES PROJETS DE BIOSECURITE DE LA BANQUE MONDIALE ===========================================================
Diffusé par : Le Centre africain pour la
biosécurité - =========================================================== La Banque mondiale s'apprête à assurer le financement en provenance du Fonds pour l'environnement mondial (FEM) pour deux projets qui annihileront le débat public et introduiront de force les cultures génétiquement modifiées (GM) au coeur de l'agriculture paysanne. Les deux projets, l'un en Afrique de l'Ouest et l'autre en Amérique latine, accélèreront la diffusion des cultures GM dans les systèmes de semences des agriculteurs et même dans certains centres d'origine. PROJET: PROJET REGIONAL DE BIOSECURITE POUR L'AFRIQUE DE L'OUEST - Agences de mise en oeuvre: Banque mondiale, Union économique et monétaire de l'Afrique de l'Ouest (UEMAO). - Pays participants: Bénin, Burkina Faso, Mali, Sénégal, Togo PROJET: RENFORCEMENT DES CAPACITES EN BIOSECURITE DE PLUSIEURS PAYS D'AMERIQUE LATINE - Agences de mise en oeuvre: Banque mondiale, Centre International d'Agriculture tropicale (CIAT) - Pays participants:Brésil, Colombie, Costa Rica, Mexique, Pérou.
Les
propositions des deux projets sont disponibles (en anglais)
sur le site du FEM: HARMONISER… Les projets sont clairement motivés par des priorités extérieures. Il y a au coeur de ces projets une stratégie poursuivie depuis longtemps par la Banque mondiale et le gouvernement des Etats-Unis pour harmoniser les réglementations des cultures GM dans les régions afin de passer outre les processus nationaux plus sensibles à l'opposition locale. L'idée est d'établir des réglementations favorables dans un petit nombre de pays dont les gouvernements sont ouverts aux cultures GM et ensuite d'utiliser ces réglementations comme modèle pouvant être imposé aux pays voisins par la voie des organismes de politique régionale. De cette manière, l'harmonisation évite tout débat démocratique possible et fournit aux compagnies privées un guichet unique pour leurs cultures GM. Les processus préliminaires des projets ont déjà montré un mépris total pour un véritable débat public. Il n'y a toujours pas de version française du projet sur l'Afrique de l'Ouest, alors que tous les pays sont francophones. Au Bénin, l'introduction des cultures GM a été présentée aux ONG qui ont participé à une consultation initiale sur le projet organisée par la société de consulting Market Strategies, comme si elle ne faisait aucun doute. Les ONG ont été confinées dans une réunion séparée des réunions des jours précédents avec les organisations d'agriculteurs et les représentants des gouvernements, auxquelles ils n'étaient pas autorisés à assister. De même au Costa Rica, le projet de la Banque mondiale s'ajoute à un processus de biosécurité financé par le FEM qui a déjà été dénoncé par le réseau national des organisations de la société civile actives sur les questions de biodiversité (Red de Coordinacion en Biodiversidad) pour son absence de participation effective de la société civile et pour faire avancer un projet de loi de biosécurité qui exclut une participation du réseau à la Commission nationale de biosécurité, participation garantie par décret présidentiel. Inversement, le lobby des OGM intervient directement dans les projets de la Banque mondiale, comme partenaires, conseillers et même financeurs. Les participants aux projets comprennent CropLife - le bras principal du lobby des compagnies GM - ainsi que des groupes à la pointe de l'industrie GM comme Public Research and Regulation Initiative et AfricaBio. CONTAMINER… L'autre objectif principal du projet est de faire progresser la stratégie actuelle de contamination de l'industrie GM. Les projets faciliteront ou introduiront les essais en champs et ouvriront la voie à la commercialisation des cultures GM, plus particulièrement des cultures fondamentales pour les systèmes agricoles paysans dans les régions respectives. Le projet latino-américain cherche en particulier à faciliter le "déploiement" des cultures GM dans les centres d'origine de ces cultures. La contamination sera inévitable, et la Banque mondiale le sait certainement. En effet, les projets supposent que les cultures GM seront introduites à large échelle dans les régions. Le "renforcement des capacités" en matière de biosécurité s'entend ici comme simple gestion de la contamination qui s'ensuivra. USURPATION DE LA SOUVERAINETE EN AFRIQUE DE L'OUEST Le projet régional de biosécurité de l'Afrique de l'Ouest est l'héritier direct des activités de l'Agence des Etats-unis pour le développement international (USAID) dans la région, et du projet PNUE-FEM qui est arrivé à son terme l'année dernière. Quand le débat national sur les cultures GM a surgi dans la région, conduisant à des changements considérables dans les processus nationaux de biosécurité, l'USAID a de manière très offensive soutenu l'harmonisation régionale de la biosécurité et l'introduction du coton transgénique Bt, la principale culture de rente pour les paysans d'Afrique de l'Ouest. Le gouvernement des Etats-Unis a trois volets dans son programme d'introduction du coton Bt en Afrique de l'Ouest: apporter le soutien africain au petit club des nations GM sur la scène internationale; détourner l'attention des subventions déloyales données par les Etats-Unis au coton national; et garantir le contrôle des compagnies étasuniennes sur les gains tirés de la production de coton de l'Afrique de l'Ouest. Le projet de la banque mondiale prévoit d'englober plusieurs projets de coton Bt des Etats-Unis [1] et d'utiliser les essais en champs pour développer un unique modèle uniforme pour l'évaluation des risques et la réglementation qui puisse être adopté par toute l'Afrique de l'Ouest. L'USAID s'occupe aussi activement à soutenir les initiatives d'harmonisation dans la région. L'Institut du Sahel est en train d'élaborer un projet régional de cadre de biosécurité pour le Burkina Faso, le Mali et le Sénégal. Le Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricoles (CORAF) a développé un programme régional de 25 millions US$ sur la biotechnologie et la biosécurité avec le soutien de l'USAID qui a été ensuite approuvé à la réunion ministérielle sur la biotechnologie de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) à Bamako en 2005. Lors de la réunion de Bamako, qui était aussi financée par l'USAID, les ministres de la CEDEAO se sont engagés à harmoniser leurs réglementations de biosécurité dans les 5 ans. Le projet de la Banque mondiale est la prochaine étape dans l'avancée de ce processus d'harmonisation. La CEDEAO représente un très vaste marché, couvrant les 15 pays d'Afrique de l'Ouest mais, selon la Banque mondiale, elle n'a pas l'autorité de forcer les pays membres à adopter une législation commune; elle peut seulement émettre des recommandations en matière de politiques. C'est pourquoi le projet de la Banque mondiale se focalise plutôt sur l'UEMAO - un plus petit groupe de huit états d'Afrique de l'Ouest qui a le pouvoir d'imposer l'adoption par "voie rapide" d'une loi "d'habilitation" obligatoire à ses membres. Comme il est prescrit dans la proposition de projet : "Si l'UEMAO est en mesure d'harmoniser les législations nationales de biosécurité et plus tard de faire appliquer une décision prise par l'un des pays dans les autres pays, cela améliorera considérablement la situation des investissements dans les biotechnologies pour les cultures de rente et les cultures vivrières dans la zone de l'UEMAO… en diminuant liées aux transactions". Une fois l'adoption effectuée au sein de l'UEMAO, la Banque déclare qu'elle cherchera à augmenter progressivement le projet au beaucoup plus gros marché que représente la CEDEAO. L'harmonisation fait aussi partie des priorités pour le projet latino-américain. Les pays de cette région ont été en partie choisis à cause du "futur rôle politique et stratégique qu'ils pourraient jouer dans la gestion de la biosécurité dans leurs régions respectives". Une "harmonisation" de ce type est intrinsèquement non-scientifique et contraire à une pratique de biosécurité sérieuse. Elle ne respecte même pas les standards minimums établis par le Protocole de biosécurité car les projets usurperont le droit souverain des pays à prendre les décisions en matière de biosécurité, pays par pays, et cas par cas. Le Protocole prévoit que la prise de décision en matière de biosécurité se fasse au niveau national, dans un contexte d'information et de participation du public ouvert et transparent (Article 23), respectant les droits des populations locales et autochtones (Article 26), et en conservant les centres d'origine et la diversité génétique. Afin d'être scientifiquement rigoureuses et sensibles aux réalités locales, les évaluations doivent être basées sur le contexte écologique et socio-économique spécifique du pays et elles doivent être fondées sur un véritable débat public. La recherche requise pour soutenir des évaluations efficaces des risques environnementaux doit être extensive et menée sur le long terme, et tous les pays doivent avoir suffisamment de champ d'action au niveau politique pour établir ses propres priorités et ne pas être contraint, par manque de ressources et de capacités, d'adopter celles qui sont réactionnaires ou simplement favorables aux développements industriels. DESTRUCTION DE LA SOUVERAINETE ALIMENTAIRE EN AMERIQUE LATINE La raison principale du choix des cinq pays impliqués dans le projet latino-américain est qu'ils forment un groupe rassemblant les plus importants centres de la biodiversité du monde et les centres d'origine de quatre des cinq plantes cultivées ciblées par le projet. L'objectif central est explicite dans le titre du projet :"La biosécurité dans les centres de biodiversité: le renforcement des capacités techniques en Amérique latine pour une diffusion des cultures transgéniques en toute sécurité ". Le projet concerne principalement cinq plantes cultivées: le manioc, le coton, le maïs, la pomme de terre et le riz. Des millions de personnes en Amérique latine dépendent de ces cultures pour leur alimentation, leurs soins de santé, leurs moyens d'existence et leur identité culturelle. La grande diversité de ces plantes cultivées qui existe dans la région est directement attribuée aux communautés paysannes autochtones, qui ont conservé, recréé et utilisé les plantes cultivées et maintenu de profondes relations culturelles et spirituelles avec elles. Le maïs, la pomme de terre, le coton et le manioc représentent les plantes cultivées les plus importantes pour les communautés mésoaméricaine, andine et amazonienne. Le riz est aussi une culture extrêmement importante dans la région car il représente une part essentielle du régime alimentaire des communautés locales. Il est impossible d'accepter la prétendue préoccupation du projet concernant le renforcement des capacités des pays participants pour mettre en oeuvre le Protocole de biosécurité, un accord s'occupant du commerce transfrontalier des OGM, alors qu'il se focalise principalement sur des cultures alimentaires locales qui sont rarement commercialisées de l'autre côté des frontières dans la région. Le véritable objectif est plutôt d'imposer les cultures GM au coeur même de l'agriculture paysanne et de la souveraineté alimentaire de la région. Le projet d'introduction de variétés GM de ces plantes cultivées contaminera inévitablement les variétés traditionnelles et ouvrira alors la voie à la destruction des semences et des systèmes alimentaires que les communautés autochtones et paysannes ont développés depuis un millénaire. La résistance farouche aux cultures GM parmi les communautés autochtones et paysannes en Amérique latine prend racine dans leur détermination à défendre leurs systèmes de semences d'une telle contamination par les OGM. Le projet de la Banque mondiale est une tentative directe pour détruire cette opposition en mettant des agences scientifiques qui ont déjà montré leur soutien à l'agriculture GM, comme le CIAT, le Centre de recherche en biologie cellulaire et moléculaire (Costa Rica) et EMBRAPA (Brésil), chargé de développés les protocoles de test en champs et les réglementations pouvant donner un verni de légitimité à la contamination délibérée des systèmes de semences paysannes par les OGM. LA BIOSECURITE DETOURNEE Il n'est pas très surprenant de voir des gouvernements d'Amérique latine et d'Afrique signer ces projets de la Banque mondiale. Peu de gouvernements sont prêts à soutenir l'opposition aux cultures GM exprimée par leur population, en particulier lorsque de l'argent est en jeu et que des acteurs puissants comme la Banque mondiale et l'USAID sont impliqués. Ces projets régionaux déplacent le pouvoir de la prise de décision même plus loin dans les organismes internationaux et régionaux qui sont écartés de l'influence locale et ils donnent un pouvoir excessif aux agences comme la Banque mondiale, qui sont connues pour défendre les intérêts des compagnies agro-industrielles. Les projets de ce type bafouent les débats animés qui se déchaînent sur les OGM aux niveaux locaux et nationaux partout dans le monde. Avec dix autres projets régionaux de biosécurité censés être dans les tuyaux des procédures du FEM, le fossé existant entre les décideurs officiels et les populations qu'ils sont censés représenter pourrait même s'approfondir. Une fois de plus, la véritable biosécurité devra être assurée sur le terrain, dans les combats locaux pour rejeter les cultures GM. =========================================================== [1] Les programmes actuels des Etats-Unis pour introduire le coton Bt dans la région comprennent un "Programme d'amélioration du coton ouest-africain" de 7 millions US$ qui promet d'"améliorer l'environnement favorable à biotechnologie agricole", un projet financé par l'USAID pour les essais en champ du coton Bt au Mali, et le projet du Coton issu de la bioingéniérie en Afrique de l'USAID.
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