| Titre de l’expérience : La gestion durable de la ceinture verte du village d’Ando-Kpomey
Auteurs : * Comité Villageois de Développement d’Ando-Kpomey * Association Togolaise pour la Promotion Humaine (ATPH)
Pays : Togo
Village : Ando-Kpomey
Région écologique : Savanes
Résumé : ANDO-KPOMEY est un petit village d’environ 400 habitants situé dans la Préfecture de l’AVE au Sud-Ouest du TOGO. La population est essentiellement agricole. L’expérience d’Ando-Kpomey est très originale et a été initiée sans aucune intervention de l’extérieur. A l’issue d’un grand incendie en 1973, la recherche de solutions pour prévenir ce type de catastrophe a conduit les paysans à rechercher des solutions pour préserver le peu de ressources biologiques qui leur restent. Après réflexion et concertation, les vieux du village ont proposé l’idée de pare feux successifs dont la réalisation a mobilisé hommes, femmes et enfants.
Le premier pare feu communautaire a alors été réalisé en 1974. Dès lors chaque année, toute la population se mobilise en faisant des pare feux autour de la ceinture. Les pare-feux annuels sont donc gérés de façon participative par l’ensemble de la communauté qui a défini et respecte scrupuleusement les règles de gestion et de protection de la forêt autour du village. La ceinture verte constitue le réfrigérateur pour la conservation des plantes alimentaires de cueillette, et de pharmacie pour les plantes médicinales.
L’expérience d’Ando-Kpomey est très innovante et didactique. L’expérience est aujourd’hui bien appréciée par l’Etat, les organisations d’appui au développement, et les communautés qui bénéficient de ses fruits, tant sur le plan agricole, socio-économique, qu’environnemental. Le gouvernement Togolais avait prôné la création de parcs nationaux, de forêts classées et de réserves pour la conservation et la protection des espèces en voie de disparition. Mais sans la participation des populations riveraines. Aujourd’hui, la ceinture verte d’Ando-Kpomey constitue un cas d’école pour tout le pays et des visites d’échanges d’expériences sont souvent organisées dans le village, à l’intention des communautés d’autres régions du Togo.
Contact : Comité Villageois de Développement d’Ando-Kpomey, S/C Association Togolaise pour la Promotion Humaine (ATPH) – BP 21 – Kévé –TOGO Tél. 228 37 10 29 – Fax 228 37 10 81 – Email : atph@laposte.tg 1. La communauté villageoise d’Ando-Kpomey ANDO-KPOMEY est un petit village d’environ 400 habitants situé dans la Préfecture de l’AVE au Sud-Ouest du TOGO, dans le canton d’Assahoun, à environ 70 km au Nord-Ouest de Lomé. Il est limité au Nord par le village de ZIKPE, au Sud par WOLENOU, à l’Est par BEDO et à l’Ouest par KLOBALE. La population est essentiellement agricole. L’artisanat s’y développe aussi avec le tissage qui occupe de plus en plus la jeunesse. Les femmes représentent près de 60 % de la population. La population d’ANDO-KPOMEY a, en dehors de l’organisation traditionnelle, une organisation récente pour le développement du village. Le village est dirigé par un chef aidé dans ses fonctions par les notables parmi lesquels le chef de guerre appelé « ASAFO » qui est en même temps le responsable des jeunes, de même que le fondateur du village qui est le parrain du chef. Les femmes sont représentées auprès de la chefferie par une responsable des femmes. A part la chefferie, il existe un Comité Villageois de Développement (C.V.D) qui anime la vie du village. Le CVD est dirigé par un président qui coordonne les activités du comité et de ses différentes commissions en occurrence le comité d’eau qui s’occupe de l’entretien et de la gestion de la retenue d’eau, le comité des parents d’élèves qui s’occupe des questions de scolarisation et le comité de gestion et de la surveillance de la ceinture verte. Il existe également des groupements agricoles et des groupes d’entraide dans le village.
2. L’Association Togolaise pour la Promotion Humaine (ATPH)
L’Association Togolaise pour la Promotion Humaine (A.T.P.H.) est une O.N.G d’appui au développement basée à Kévé. Elle œuvre pour la protection de l’environnement et la valorisation des initiatives locales prometteuses.
3. Contexte local La gestion des ressources naturelles est une question qui préoccupe aujourd’hui presque tout le monde, eu égard à la dégradation sans cesse croissant de ces ressources d’année en année. Des zones autrefois couvertes de forêt sont devenues des savanes herbeuses. Les cours d’eau tarissent sous l’effet du prolongement de la saison sèche et de l’abattage des forêts galeries. Les animaux sauvages deviennent rares ; certaines espèces ont même disparu. Dans le domaine de la gestion locale de la diversité biologique en agriculture, le village d’ANDO-KPOMEY dans la préfecture de l’Avé a réalisé une expérience endogène particulière et plutôt rare : la création d’une ceinture verte de protection autour du village, une véritable forêt verte gérée par le village. L’expérience date de plus de 20 ans aujourd’hui. Elle connaît une extension d’année en année et mérite d’être valorisée. Avant de parler à fond de cette innovation en matière de protection et de gestion des ressources naturelles, nous allons présenter la communauté d’ANDO-KPOMEY sur le plan physique, économique et social. Sol et végétation Le sol est essentiellement sableux et sablo-argileux par endroit. La terre appartient au village et est sous l’autorité du fondateur appelé « DUTO ». La végétation autour du village est constituée de forêt et de savane arborée arbustive lorsqu’on s’éloigne du village. Cette ceinture verte constituée de forêt et de savane arborée et arbustive, regorge des essences végétales locales qui n’existent pratiquement plus ailleurs dans la zone. Il s’agit en occurrence de Giwa, wokpa, heheti, yoti (karité), Godza, Atithé, etc.. Activités économiques L’agriculture et l’artisanat constituent les principales activités économiques du village. L’agriculture est l’activité dominante de la population. Elle est pratiquée par l’ensemble de la population , aussi bien par les hommes que par les femmes. Cependant le système agricole reste rudimentaire et du type extensif. La terre n’est pas encore une ressource rare. On procède d’abord au défrichement, ensuite au nettoyage par le feu et enfin le semis. Les principales cultures du milieu sont les céréales, les tubercules et les légumes. Les paysans d’Ando-Kpomey cultivent comme céréales le maïs (semé dès le début du mois d’Avril) et récolté en août puis en septembre pour être récolté en décembre. Près de 70% de la récolte est réservée pour l’auto-consommation. Le reste, seule les 30% de la récolte est vendu. Donc la commercialisation de céréale rapporte peu d’argent aux paysans, le prix varie de 250 F à 600 F le bol (2kg environ) en période de soudure. Le stockage constitue de sérieux problèmes aux paysans car les nouvelles variétés dont le cycle est très court pourrissent très vite. Ils sont conservés aux greniers pour un délai de 6 mois avec un système de chauffage à bois. Les tubercules cultivés dans le village sont par ordre d’importance l’igname, le manioc et la patate douce. La plupart des temps, les tubercules sont cultivées pour la consommation. Mais l’igname cultivé en grande quantité par les hommes est vendue et rapporte beaucoup d’argent. La conservation des tubercules demeure très difficile. Les légumes sont cultivés dans les champs en association avec les céréales et les tubercules et aussi en saison sèche en aval de la retenue d’eau du village. Les autres cultures sont les oléagineux, notamment l’arachide qui est surtout l’apanage des femmes. Il constitue une source de revenu importante pour celles-ci. Les activités exercées par les hommes et les femmes combinent l’agriculture et le petit élevage. On y trouve les caprins, les ovins et les volailles. Le palmier à huile constitue aussi une source de revenu non négligeable pour les hommes. L’artisanat n’est pas très développé dans le village. Néanmoins on y rencontre le tissage qui prend de plus en plus de l’ampleur et a un avenir certain, du fait que ce sont les jeunes qui s’adonnent à cette activité. En matière d’infrastructures socio-économiques, le village d’ANDO-KPOMEY dispose d’une retenue d’eau avec deux puits en aval, un centre d’alphabétisation et une école primaire d’initiative locale. La retenue d’eau qui sert de point d’eau pour le village a été construite en 1993 avec l’appui de l’ONG ATPH.
4. Problème abordé par l’expérience Sous l’effet de l’homme et à des fins agricoles, la destruction des ressources naturelles s’accélère et l’on note la disparition de plusieurs espèces végétales par la pratique des feux de brousse. Les populations réagissent malheureusement de façon très passive devant cette situation dramatique. Qu’en sera –t-il demain ? Les raisons qui ont motivé la création de la ceinture verte sont donc entre autres : - la disparition de la forêt autour du village qui le protégeait contre les feux de brousse ; - la disparition des grands arbres qui protégeaient le village contre les vents violents ; - le manque de bois de chauffe et bois d’œuvre ; - la disparition de certaines espèces végétales et animales ; - les dégâts fréquents causés par les feux de brousse et les vents violents.
5. Activités développées pour résoudre ce problème L’idée de la ceinture verte fut émise par l’un des anciens du village puis discutée avec les chefs et les notables qui l’ont entièrement approuvée. Toute la population a ensuite donné son adhésion et sa participation pour la réalisation de cette expérience endogène. La ceinture verte est donc créée et gérée de façon participative par l’ensemble de la communauté qui a défini les règles de gestion et de protection de la forêt autour du village. Aujourd’hui, l’expérience a porté ses fruits et toute la communauté en profite tant sur le plan agricole que socio-économique et environnemental. Elle est appréciée aussi par les organisations d’appui au développement que par les communautés. Cette expérience intéressante, la première du genre en matière d’initiative locale de gestion durable des ressources naturelles a été découverte par l’ATPH en 1991 lors de la réalisation de la retenue d’eau du village. Elle se situe à la fois dans le contexte socio-économique, agricole et cadre bien avec la politique de protection de l’environnement tant prônée par l’Etat togolais. Des visites d’échanges d’expériences sont souvent organisées dans le village à l’intention des communautés d’autres préfectures et régions du Togo. Il faut reconnaître que la forêt contribue dans une large mesure à l’économie des communautés rurales par ses nombreuses ressources végétales et animales. Elle procure du bois aux communautés pour leur usage. D’autre part, la forêt concours à l’augmentation de la production par l’amélioration de la pluviométrie et la fertilité du sol. Sur le plan culturel, la forêt n’est pas sans importance surtout lorsqu’on se situe dans le contexte culturel EWE comme le nôtre où elle constitue la demeure par excellence des divinités ancestrales considérées comme des esprits protecteurs.
6. Réalisation Pour réaliser cette action, il a fallu le concours de tous les habitants du village : hommes, femmes, adultes ou jeunes. Bref, c’est toute la population du village qui se mobilise chaque année pour la réalisation des pare-feux communautaires. Au départ, les populations travaillaient sans appui extérieur. Mais à partir de 1993, la collaboration avec l’ONG ATPH a commencé. Depuis lors, l’ATPH les appuie à s’organiser pour la gestion et le renforcement de la ceinture verte. Ainsi, des discussions sont entamées pour formaliser les règles de gestion et de protection de la ceinture. Dans une perspective de valorisation de cette initiative locale louable, l’ATPH met en contact la communauté d’ANDO-KPOMEY avec d’autres institutions de développement telles que l’INADES – Formation TOGO (IFT) qui appuie aussi le village dans l’élaboration de son plan d’action et dans les stratégies de renforcement de leur ceinture verte. Ces deux structures sont des partenaires d’appui-conseils soutenant des approches locales pour la gestion de la biodiversité en agriculture durable qui appuient la communauté d’Ando-Kpomey à mieux s’organiser pour le renforcement, la valorisation et la vulgarisation de cette expertise endogène. La méthodologie utilisée est basée sur la participation communautaire. Aussi, pour la réaliser, la population a-t-elle adopté la méthode de pare-feux communautaires. Il s’agit de conserver et de protéger une bande de végétation autour du village par la réalisation de pare-feu au moment des feux de brousse. C’est ainsi que le premier pare-feu fut réalisé en 1974 et une bande circulaire de végétation entoura le village. Ce fut la première réussite. Chaque année, à l’approche des feux de brousse, tous les habitants du village y compris les femmes et même les mineurs se mobilisent pendant des jours voire des semaines pour réaliser des pare-feux autour de la ceinture verte. Après la réalisation des pare-feux, les hommes procèdent à la pratique des feux de brousse précoces tout autour de la ceinture. L’année suivante, on élargie la bande en déplaçant le pare-feu. Chaque année, le scénario recommence et la végétation autour du village grandit en s’élargissant. Aujourd’hui, près de 27 ans après, c’est donc une forêt naturelle de 300 mètres d’épaisseur par endroit qui entoure le village et constituant ainsi une véritable ceinture verte qui protège le village contre les feux de brousse, les vents violents et d’autres calamités d’alors. La première bande de la forêt a actuellement 27 ans. Sa gestion au départ était la préoccupation de tout le village. Pour protéger les organismes vivants dans la forêt, les populations ont mis en place un mécanisme de mise en défens. La mise en défens est une action très fondamentale pour la protection de la diversité biologique. Elle consiste à interdire toutes exploitations ou toutes interventions humaines dans les domaines couverts par la forêt. Elle part du principe que l’homme étant l’acteur de la destruction du couvert végétal celui-ci ne peut être se reconstituer que si l’homme le maintienne intact. La mise en défens ne peut être efficace que s’il y a des garde-fous. Un comité de surveillance et de gestion de la ceinture verte est mis sur pied à cet effet et des règles sont définies. Ces règles interdisent La coupe d’arbres dans la forêt, la pratique de la chasse, la pratique de culture et lla pratique des feux de brousse. Toutes ces interdictions permettent de maintenir intact le micro-climat de la forêt. Ce qui est une condition favorable à la multiplication des organismes vivants dans la forêt et permet une intense activité des micro-organismes. L’autorisation était donnée aux femmes pour la recherche du bois de chauffe dans la forêt ; mais après quelques abus, l’interdiction fut donnée. En définitive, nul n’a le droit d’opérer dans les espaces réservés sans avoir reçu l’autorisation du chef et du comité de gestion de la forêt. Le non respect des règles est assujetti à une amende de huit bouteilles de boisson locale (Sodabi) dont une partie est destinée à la vente pour alimenter la caisse du comité et le reste pour les travaux communautaires du village.
7. Les contraintes, les finalités et les futures activités à développer Au niveau de la communauté elle-même, il n’y a pas de véritable goulot d’étranglement qui bloque le fonctionnement. Etant donné que l’action est issue d’une concertation de toutes les couches sociales de la communauté, les populations y adhèrent sans grande difficulté. C’est ainsi que pour la réalisation des pare-feux, la population se mobilise très rapidement et sans difficulté aucune. Cependant au niveau des populations environnantes, il existe quelques goulots d’étranglement qui sont entre autres la pratique des feux de brousse, la chasse et la non prise de conscience de l’utilité de la diversité biologique. Pour cela, il faut, après la réalisation des pare-feux, être aux aguets, surveiller constamment la forêt pour que les chasseurs des autres villages n’y entrent pas. Les populations estiment que ces contraintes sont pour la plupart à l’ignorance des conséquences de la perte de la biodiversité et la faiblesse du pouvoir public en matière de la réglementation de la pratique des feux de brousse. En effet, depuis l’avènement de la «démocratie», l’Etat a faibli face aux débordements des populations. C’est ainsi que des zones forestières autrefois entretenues et conservées sont détruites par les feux de brousse et la coupe anarchique du bois sans les permis de coupe qui étaient auparavant exigés. Néanmoins, ces contraintes ne sont pas insurmontables. Il n’est pas facile de les vaincre certes. Mais la communauté d’ANDO-KPOMEY pense que par la sensibilisation et l’éducation environnementales, par la mobilisation et l’encadrement des populations on pourra les surmonter. Pour cela, tous les dynamismes devront être utilisés : - les pouvoirs publics ; - toutes les structures dynamiques de la société , traditionnelles ou modernes à savoir les associations de jeunes , de femmes etc… - l’école qui aurait un rôle essentiel à jouer ; - les services d’animation et leurs relais ; - les médias, dûment coordonnés ; - toutes les bonnes volontés, à condition qu’elles soient accompagnées de compétences : ONG, Volontaires et autres venant appuyer, accompagner et valoriser les expertises locales de développement durable.
En ce qui concerne les avantages socio-économiques et la sécurité alimentaire, la forêt est d’un grand intérêt pour les populations d’ANDO-KPOMEY. Elle procure du bois pour la fabrication des meubles et la construction de leur habitat. C’est ainsi que pour la fabrication des table-bancs de l’école d’initiative locale créée par le village, ce village n’a fait que faire scier quelques bois dans la forêt. D’autre part pour les femmes, la forêt constitue une source de bois pour les ménages. Autrefois le bois de chauffe posait un sérieux problème pour les femmes. Mais aujourd’hui, elles déclarent qu’elles n’éprouvent plus de difficultés dans ce domaine surtout lorsqu’il s’agit de certaines manifestations à l’échelle de tout le village telles que les funérailles, les fêtes et les cérémonies traditionnelles ; les occasions au cours desquelles elles sont autorisées à aller chercher du bois dans la forêt. Malgré l’interdiction de la chasse dans la forêt, le village organise au moins une fois par an la chasse collective dans la forêt pour se procurer du gibier. Par ailleurs, la prolifération des espèces médicinales contribue à la diminution des frais pharmaceutiques. Sur le plan sécurité alimentaire, la forêt a une double finalité. D’une part, elle améliore la pluviométrie et d’autre part, elle contribue à l’amélioration de la fertilité du sol par la présence et le développement des micro-organismes et une intense activité micro-biologique. Elle augmente alors la production agricole, assurant ainsi la sécurité alimentaire. Comme on le voit, la finalité de cette expérience est non seulement de sauvegarder la forêt mais aussi et surtout de permettre à notre préfecture, si l’expérience venait à faire tache d’huile, de redorer son blason et de retrouver son vrai nom. En effet, notre préfecture tire son nom de son immense forêt (AVE en Ewé). Depuis la réhabilitation de cette forêt, le village ne connaît plus de feux de brousse et les toits sont protégés contre les vents violents. Selon les villageois, la conservation et la protection de la ceinture verte autour du village a beaucoup amélioré leur situation. Sur le plan social, la forêt fait leur fierté et leur honneur. Grâce à cette ceinture verte, ANDO-KPOMEY qui était autrefois ignoré et enclavé, devient de plus en plus populaire. Les autorités de la préfecture et les organisations d’appui au développement telles que l’INADES-Formation Togo, l’ATPH et le service préfectoral de l’environnement le citent comme un bon exemple à suivre en matière de protection de la forêt naturelle. A plusieurs reprises, le village a reçu la visite des populations qui sont venues visiter la forêt et s’enquérir de leur expérience. A la foire agricole organisée par l’ATPH le 04 Mai 2001 à ATTI-APEDOKOE sur le thème ‘’Bien produire tout en préservant les ressources naturelles pour mieux nourrir la communauté’’ , ANDO-KPOMEY a arraché le premier prix en matière de la protection de la forêt naturelle. En ce qui concerne les futures activités, elles se présentent comme suit : - Elaboration d’un plan de renforcement de la ceinture verte - Identification des essences végétales utiles à introduire dans la ceinture verte avec mise en place d’une pépinière villageoise et plantation d’arbres. - Aménagement de la ceinture verte et identification des espèces végétales présentes - Amélioration des règles de gestion de la ceinture verte en fonction du plan de renforcement de cette dernière. En vue de partager notre expérience avec d’autres, nous pouvons accueillir ceux qui le veulent à effectuer des visites d’études et d’échanges dans notre village pour voir la ceinture verte et discuter avec nous. Nous pouvons également organiser (ou participer à) des conférences, séminaires ou colloques au cours desquels nous pouvons présenter notre expérience par des témoignages. Par ailleurs, nous désirons partager notre expérience avec les autres par la production et la diffusion de cassettes audio-visuelles sur cette ceinture verte.
8. Leçons apprises La gestion participative de la ceinture verte du village d’ANDO-KPOMEY a permis aux populations de la localité de prendre conscience des conséquences de la déforestation qui a essentiellement pour origine la non maîtrise des feux de brousse, l’exploitation des arbres pour le bois d’œuvre et le bois de chauffe et en fin la culture « sur brûlis ». Elles ont ainsi compris comment la déforestation favorise l’érosion des sols et entraîne également la disparition des espèces qui vivaient dans la forêt pour provoquer la perte de la biodiversité. En raison de la gravité des conséquences de la déforestation sur la vie de l’homme que les populations commencent à mieux percevoir, l’on note un changement de comportement positif chez la communauté en matière de gestion locale de la diversité biologique dans la promotion de l’agriculture durable. Une agriculture qui cherche à satisfaire l’évolution des besoins de l’homme tout en maintenant ou en améliorant la qualité de l’environnement et en préservant les ressources naturelles. Ce qui est intéressant est que cette expérience a été initiée par la communauté locale sans un appui extérieur : une preuve que la créativité n’est pas seulement l’affaire des « intellectuels ». Nous devons donc valoriser les « savoirs endogènes » qui peuvent nous aider à résoudre certains de nos problèmes. Pour ce faire il devient indispensable de mobiliser et de valoriser la créativité au niveau local, trop souvent sous estimée et minimisée. Mais pour que les résultats de cette créativité soient utilisables et surtout profitables à tous, il est très important de renforcer les capacités des communautés locales à travers une mobilisation et une implication effectives de ces dernières dans le processus de décision qui les concernent. La valorisation du savoir local que nous encourageons à travers cette expérience d’Ando-Kpomey ne signifie pas un rejet systématique de l’apport extérieur « moderne ». Il faut plutôt développer la combinaison d’une façon interactive le savoir local avec les connaissances des institutions de recherche et de développement. Pour pouvoir atteindre cet objectif, il faut une confiance interne et mutuelle : les chercheurs doivent avoir confiance aux capacités créatives des communautés locales qui doivent de plus en plus se faire confiance elles mêmes. ____________________
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