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Qui est le dindon de la farce ? Le rôle central de
l'industrie de la volaille dans
la crise de la grippe aviaire GRAIN | Février 2006 [Lire aussi: GRAIN, 2006, Grippe aviaire: Une réponse mondiale imposée d'en haut , A contre-courant, mai 2006 Lire le communiqué de presse (2 mars 2006)] Ce n'est pas la volaille de basse-cour ou la volaille élevée en plein air qui alimente la vague actuelle de cas de grippe aviaire sévissant dans plusieurs endroits du monde. La souche mortelle H5N1 de la grippe aviaire est essentiellement un problème de pratiques d'élevage de volaille industrielles. Son épicentre se trouve dans les fermes d'élevage industriel de Chine et d'Asie du sud-est et -- alors que les oiseaux sauvages peuvent transporter la maladie, au moins sur de courtes distances -- son vecteur principal est l'industrie avicole multinationale extrêmement automatisée qui envoie ses produits et les déchets de ses élevages autour du monde par une multitude de canaux. Les petits éleveurs de volaille et la diversité biologique ainsi que la sécurité alimentaire locale qu'ils soutiennent souffrent pourtant sévèrement des retombées de cette crise. Et, pour aggraver les choses, les gouvernements et les organismes internationaux, suivant les hypothèses erronées sur la manière dont la maladie se répand et s'amplifie, continuent à prendre des mesures pour imposer le confinement et poussent à industrialiser davantage le secteur avicole. Dans la pratique, ceci signifie la fin de l'aviculture à petite échelle qui fournit la nourriture et les moyens d'existence à des centaines de millions de familles à travers le monde. Cet article apporte une nouvelle perspective sur l'histoire de la grippe aviaire qui conteste les hypothèses actuelles et remet les projecteurs là où ils devraient être : sur l'industrie multinationale de la volaille.
Des hommes dans des combinaisons de caoutchouc blanc et portant des masques à gaz attrappant des poulets dans les villages … Des poulets vendus et abattus sur les marchés de volaille vivante… Des oiseaux sauvages traversant le ciel… Telles sont typiquement les images diffusées par les médias dans leur couverture de l'épidémie de la grippe aviaire. Rares sont les photos représentant la prospère industrie multinationale avicole. Il n'y a pas de prises de vues de ses fermes d'élevage industriel frappées par le virus, et aucune image de ses camions surpeuplés transportant des poulets vivants ni de ses fabriques de produits alimentaires transformant « les sous-produits de la volaille » en alimentation pour poulets. Le choix des images envoie un message clair : la grippe aviaire est un problème d'oiseaux sauvages et d'élevage de volaille en basse-cour, et non celui de l'industrie moderne. C'est comme ça que l'élément d'information le plus fondamental nécessaire à la compréhension des récents cas de contamination par la grippe aviaire est exclu de la représentation qui en est donnée. La grippe aviaire n'a vraiment rien de nouveau. Elle coexiste plutôt paisiblement avec les oiseaux sauvages, les élevages de volaille à petite échelle et les marchés de volaille vivante depuis des siècles. Mais la vague de souches extrêmement pathogènes de grippe aviaire qui a décimé la volaille et tué des gens à travers la planète ces dix dernières années est sans précédent -- comme l'est l'industrie multinationale avicole aujourd'hui.
La transformation de la production de volaille en Asie ces dernières décennies est stupéfiante. Dans les pays d'Asie du sud-est où la plupart des cas de grippe aviaire sont concentrés -- la Thaïlande, l'Indonésie, et le Viet Nam -- la production a été multipliée par 8 en seulement 30 ans, passant d'environ 300 000 tonnes de viande de poulet en 1971 à 2 440 000 tonnes en 2001. La production de poulet de la Chine a triplé pendant les années 90 pour passer à plus de 9 millions de tonnes par an. Pratiquement toute cette nouvelle production de volaille a été produite dans des fermes industrielles concentrées à l'extérieur des villes principales et intégrées dans les systèmes de production transnationaux. [1] C'est l'endroit de reproduction idéal pour les souches hautement pathogènes de la grippe aviaire -- comme la souche H5N1 menaçant d'éclater en pandémie de grippe humaine. [2] Néanmoins, les nombreux articles, rapports et documents de stratégie sortant de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et des organismes gouvernementaux compétents contiennent à peine quelques bribes au sujet des implications de la volaille industrielle dans la crise de la grippe aviaire. Au lieu de cela, ils désignent les basses-cours des fermes, avec des appels à des contrôles plus stricts sur leur fonctionnement et à une plus vaste « restructuration » du secteur avicole. Les grosses compagnies de l'industrie avicole essaient même d'utiliser les cas de grippe aviaire comme « occasion » d'éliminer ce qui reste de la production de volaille à petite échelle. [3] « Nous ne pouvons pas contrôler les oiseaux migrateurs mais nous pouvons sûrement mettre toute notre énergie à fermer définitivement autant d'élevages de volaille de ferme que possible » a déclaré Margaret Say, directrice du Conseil pour l'exportation des volailles et des œufs des Etats-Unis pour l'Asie du Sud-Est. Les réactions de quelques scientifiques ne sont pas moins scandaleuses. Des chercheurs du Royaume-Uni recherchent des poulets transgéniques résistants à la grippe aviaire. « Une fois obtenue l'autorisation réglementaire, nous pensons que cela ne prendra que quatre à cinq ans pour multiplier assez de poulets et remplacer toute la popualtion du monde, » a déclaré Laurence Tiley, professeur de virologie moléculaire à l'université de Cambridge. [4] L'élevage à la ferme n'est pas un passe-temps futile pour les populations rurales. C'est le noeud de la sécurité alimentaire et des revenus agricoles pour des centaines de millions de pauvrex ruraux en Asie et ailleurs, fournissant un tiers des protéines consommées pour une famille rurale moyenne. [5] Presque toutes les familles rurales en Asie gardent au moins quelques poulets pour la viande, les oeufs et même l'engrais et c'est souvent les seuls animaux d'élevage que les fermiers pauvres peuvent se permettre. La volaille est par conséquent cruciale pour leurs méthodes d'agriculture diversifiée, tout comme la diversité génétique de la volaille des petites fermes est cruciale à la survie à long terme de l'aviculture en général. La FAO le sait. Avant la crise asiatique de la grippe aviaire, cette organisation vantait les avantages de la volaille de basse-cour pour les populations rurales pauvres et la biodiversité et avait lancé des programmes pour l'encourager. [6] Mais aujourd'hui, avec la souche H5N1 aux portes de l'Europe de l'Ouest, il est plus commun d'entendre la FAO parler des risques de l'élevage de la volaille en basse-cour. C'est une erreur imprudente. En ce qui concerne la grippe aviaire, l'aviculture diversifiée de petite taille est la solution, pas le problème.
Le poulet de basse-cour est le
grand problème et le
combat contre la grippe aviaire doit se jouer dans les cours des
pauvres du monde.
Louise Fresco, Directrice générale adjointe de la FAO [7]
L'argument est largement accepté par les gouvernements dans le monde, et aujourd'hui la plupart des lois et politiques concernant les fermes pour le contrôle de la grippe aviaire cherchent à maintenir la volaille séparée des oiseaux sauvages, comme on peut le voir dans le tableau 1. Tableau 1: Mesures de contrôle de la grippe aviaire pour la volaille de basse-cour dans quelques pays
Les
déplacements des oiseaux migrateurs ont
déclenché des cas de contamination dans plusieurs
pays et régions simultanément.
La FAO, Novembre 2005 [11] En dépit de telles déclarations de la FAO ou de l'OMS, il y a peu de preuves attestant que les oiseaux migrateurs portent et transmettent le virus H5N1 fortement pathogène. Après recherche de la maladie chez des centaines de milliers d'oiseaux sauvages, les scientifiques n'ont que très rarement identifié des oiseaux porteurs de la grippe aviaire sous une forme fortement pathogène. [12] Comme la FAO l'a énoncé très récemment en novembre 2005, « Jusqu'ici, un examen approfondi des oiseaux migrateurs cliniquement normaux dans les pays infectés n'a produit aucun résultat positif pour le virus H5N1. » [13] Presque tous les oiseaux sauvages qui ont été testés positifs pour la maladie étaient morts et, dans la plupart des cas, ont été trouvés près des élevages de volaille domestique infectés. Même avec les cas actuels de H5N1 chez des oiseaux sauvages en Europe, les experts sont d'accord pour dire que ces oiseaux ont probablement contracté le virus dans la région de la Mer Noire, où le virus H5N1 est bien établi dans la volaille, et sont morts alors qu'ils se dirigeaient vers l'Ouest pour échapper aux conditions exceptionnellement froides dans le secteur. Un incident connu cité à charge contre les oiseaux sauvages a été un cas de contamination massive de H5N1 parmi des oies dans le lac Qinghai, en Chine du Nord. Une théorie a été rapidement construite sur la façon dont le virus a ensuite été transporté vers l'Ouest par les oiseaux migrateurs, au Kazakhstan, en Russie et même enTurquie. Mais les organisations de défense des oiseaux, et notamment l'organisation BirdLife international, ont fait remarquer que beaucoup d'élevages de volaille se trouvaient autour du lac Qinghai. Elles ont également noté qu'il y a une exploitation de pisciculture dans le secteur dont la FAO avait aidé à la construction, et que les fientes de poulet sont fréquemment employées comme nourriture et engrais dans les exploitations de pisciculture intégrée en Chine. [14] En outre, beaucoup de trains et routes relient la région du lac Qinghai aux secteurs où la grippe aviaire s'est manifestée, comme de Lanzhou, origine de la volaille infectée qui a précedemment déclenché l'apparition du virus H5N1 au Thibet, à 2 400 km de distance. [15] Cependant, aucun de ces scénarios différents n'a vraiment attiré l'attention de la FAO ou des autres principales autorités internationales. La faiblesse principale de la théorie des oiseaux migrateurs est que la diffusion géographique de la maladie ne correspond pas avec les itinéraires et les saisons de migration. « Aucune espèce n'émigre de Qinghai, en Chine, de l'Ouest vers l'Europe de l'Est, » indique le Dr Richard Thomas de BirdLife. « Le tracé des cas de contamination suit les itinéraires des routes principales et des voies de chemin de fer, pas les voies aériennes. Et il est difficile d'expliquer l'absence de cas en Afrique, en Asie du Sud et du Sud-Est et en Australasie cet automne, si les oiseaux sauvages sont les porteurs primaires. » [16] Si les oiseaux migrateurs transmettent la maladie, pourquoi la grippe aviaire n'a-t-elle pas frappé les Philippines ou la Birmanie, et pourquoi a-t-elle été confinée à quelques exploitations commerciales au Laos, quand chacun des trois pays est entouré par des pays infectés par la grippe aviaire ? Même s'il est possible que les oiseaux migrateurs transportent la maladie, comme les cas récents en Europe le suggèrent, il y a des vecteurs beaucoup plus significatifs de transmission qui devraient être au centre de l'attention. Il n'y a simplement aucune bonne raison à fermer les écoutilles et à obliger au confinement de la volaille.
Les groupes de défense des oiseaux nous ont aidés à comprendre à quel point les oiseaux sauvages sont les victimes et non les vecteurs de la forme fortement pathogène de la grippe aviaire. [17] Les souches fortement pathogènes de la grippe aviaire se développent dans la volaille, très probablement dans la volaille exposée à des souches plus bénignes qui vivent naturellement dans les populations sauvages d'oiseaux. Dans des exploitations d'élevage de volaille surpeuplées, le virus bénin évolue rapidement vers des formes plus pathogènes et fortement transmissibles, capables de sauter les espèces et de se propager de nouveau chez les oiseaux sauvages, qui sont sans défense contre la nouvelle souche. Dans ce sens, H5N1 est un virus de volaille tuant les oiseaux sauvages, et non le contraire. [18] Le même argument se tient pour la production de volaille à petite échelle. La grippe aviaire n'évolue pas vers des formes fortement pathogènes dans des élevages de volaille de basse-cour, où la faible densité et la diversité génétique maintiennent la charge virale à des niveaux bas. Les volailles de basse-cour sont les victimes de souches de grippe aviaire qui leur sont apportées d'ailleurs. Quand des fermes sont séparées de la source de la grippe aviaire fortement pathogène, le virus semble s'éteindre ou évoluer vers une forme moins pathogène. La FAO et l'Organisation mondiale pour la santé des animaux (OIE) signalent qu'il est prouvé que le virus H5N1 s'adapte au poulet de village de la même manière qu'il s'est adapté aux canards domestiques et qu'il y a « de plus en plus de preuves que la survie du virus dans la volaille des petits exploitants dépend de la réinfection des volatiles par l’extérieure ». [19] C'est dans les exploitations de volaille industrielles surpeuplées et confinées que la grippe aviaire, comme d'autres maladies, évolue rapidement et se développe (voir encadré 1).
La raison principale pour laquelle le Laos n'a pas souffert des manifestations généralisées de grippe aviaire comme ses voisins est qu'il n'y a presque aucun contact entre les élevages de volaille à petite échelle, qui produisent presque tout l'approvisionnement domestique de volaille, et ses exploitations commerciales, qui sont intégrées à des compagnies étrangères de volaille. Selon le ministère de l'agriculture des Etats-Unis :
En d'autres termes, le Laos abonde en poulets élevés en plein air, mêlés aux canards, aux cailles, aux dindes et aux oiseaux sauvages. Ce sont principalement des poulets indigènes, qui couvrent plus de 90% de la production totale de volaille du Laos. Si l'élevage en plein air et les oiseaux migrateurs sont responsables de la propagation de la grippe aviaire, on devrait s'attendre à ce que la maladie fasse rage à travers le pays. Ceci ne s'est pas produit. En fait, les basses-cours familiales du pays ont été à peine touchées. Selon le même rapport du Ministère de l'Agriculture des Etats-Unis :
Le Laos a efficacement enrayé la maladie en fermant la frontière à la volaille de Thaïlande et en éliminant les poulets dans les exploitations commerciales. Ils ont été moins concernés par la maladie se répandant à partir des fermes affectées parce que, à la différence de la Thaïlande et du Viet Nam, les petits paysans au Laos ne se fournissent pas auprès des grandes compagnies en poussins de un jour et en alimentation pour la volaille. Et, en dehors de la capitale, la volaille est produite et consommée localement. La production de volaille est également plus dispersée au Laos. Elle est moins dense, moins intégrée et moins homogène -- caractéristiques qui empêchent la propagation de la grippe aviaire et son évolution vers des formes plus pathogènes. L'expérience du Laos suggère que la clef de la protection de la volaille élevée en basse-cour et des personnes contre la grippe aviaire est de les protéger contre la volaille industrielle et ses produits dérivés. Cela est relativement facile à faire dans un pays comme le Laos où il y a peu de fermes industrielles, peu d'utilisation d'intrants extérieurs et essentiellement des systèmes alimentaires locaux. Il est beaucoup plus difficile d'extirper le système industriel du système de production de volaille à petite échelle en Thaïlande, en Indonésie ou en Chine, où les deux systèmes sont très intimement liés par la géographie, les marchés et la production. Dans ces pays, la « restructuration » de la production de volaille par des moyens qui soutiennent les petites exploitations exige un changement de direction à 180 degrés pour s'écarter d'une production industrielle intensive, intégrée et globalisée. Ce n'est pas, cependant, ce que la FAO et les gouvernements ont à l'esprit quand elles parlent de « restructuration ».
Derrière l'attaque contre les élevages de volaille en basse-cour, il y a un programme plus sinistre. Sur la première page de la Stratégie globale pour le contrôle progressif de la grippe aviaire de la FAO et de l'OIE, on peut lire: Il devient également de plus en plus évident que beaucoup de réservoirs de l'infection peuvent être trouvés dans le monde en voie de développement, en particulier parmi les animaux d'élevage des zones à faibles revenus; c'est à dire parmi les ruraux pauvres. Ceci entraîne des risques sérieux pour le secteur des animaux d'élevage, qui est confronté à une demande en expansion rapide de protéines animales alimentaires dans beaucoup de pays en voie de développement, liée à l'urbanisation croissante, à l'augmentation des revenus disponibles, et qui fait passer l'alimentation d'une alimentation à base de féculents à une alimentation à base de protéines. Il y a là des opportunités considérables pour la croissance économique, en particulier dans les zones rurales, à tirer de ce processus, communément appelé 'Révolution de l'élevage'. Qu'est devenu le soutien apporté de longue par la FAO à l'aviculture diversifiée? Cette organisation est soudainement préoccupée par la protection de l'industrialisation de la production de volaille (par exemple la « révolution de l'élevage ») contre les risques venus de l'aviculture à petite échelle. Elle a même commencé à parler ouvertement d'une industrie de la volaille restructurée du futur en Asie qui aura: • des marchés plus concentrés, avec des producteurs moins nombreux et plus importants • des zones de production de volaille où l'infrastructure pourra être concentrée • une compartimentation pour les pays d'exportation, organisée de telle manière qu'un cas de contamination mineur d'un compartiment ne puisse presque pas affecter les exportations • les marchés de volaille vivante déplacés aux périphéries des villes, avec moins de commerçants autorisés, un abattage centralisé et un grand nombre de points de vente dans les supermarchés des grandes villes • moins de petits producteurs • et où il sera obligatoire d'enfermer toute la volaille dans des endroits clos. [25]
Les précédents rapports de la FAO allaient dans un sens différent. « Les principaux bénéficiaires de la montée subite de la demande [pour la viande en Asie] sont les producteurs et les transformateurs à grande échelle, urbains, et disposant de gros capitaux et les consommateurs urbains des classes moyenne et privilégiée. La majorité écrasante des pauvres n'en bénéficie pas, » a déclaré Hans Wagner, Responsable du département de production et de la santé animale du bureau Asie-Pacifique de la FAO. [27] Aujourd'hui, les pauvres de l'Asie ne semblent plus avoir d'importance.
Les usines à produire de la maladie Les poulets
élevés en plein air sont
plus sains parce qu'ils peuvent courir partout. Je fais attention
à eux et sais quand ils tombent malades. Dans l'usine,
personne ne fait attention et c'est difficile de savoir quand un animal
est malade.
Le CP a nié les accusations cambodgiennes, mais au Laos, les cas de grippe aviaire se sont limités aux élevages de volaille important l'alimentation et les poussins de Thaïlande. Cela semble être aussi le cas en Birmanie, où il a été rapporté un cas de contamination d'une fermeindustrielle aprovisionnée en poussins par Charoen Pokphand. [35] Le CP est en fait presque partout présent là où la grippe aviaire s'est déclarée. En Thaïlande, base de l'empire de Charoen Pokphand, et pays où il a introduit pour la première fois ses systèmes de production verticalement intégrés, il est lié par contrats de production à environ 10 000 éleveurs, contrôlant la chaîne entière de production, de l'alimentation aux ventes de volaille au détail. C'est aussi le plus grand fournisseur de poussins de chair en Chine, avec un établissement d'incubation dans la province de Lanzhou infestée par la grippe aviaire qui produit neuf millions de poussins par an. [36] En Indonésie, le CP domine l'industrie d'alimentation pour la volaille et est le fournisseur du numéro un en poussins pour les élevages de poulets de chair et de poules pondeuses. Le CP contrôle également la moitié du secteur avicole industriel au Viet Nam, où, en février 2004, l'armée a été mobilisée pour abattre 117 000 oiseaux infectés par la grippe aviaire à l'une des fermes de Charoen Pokphand dans la province d'Ha Tay. [37] Le CP est même important en Turquie, l'un des derniers centres de grippe aviaire déclarée, où il contrôle autour de 12% de la production de la volaille du pays via ses filiales. [38] Cela ne veut pas dire que Charoen Pokphand soit l'unique responsable de la crise actuelle de la grippe aviaire. Bien que la compagnie soit au premier rang des suspects, le problème va plus loin que Charoen Pokphand : c'est un problème systémique. Le commerce international de la volaille est avant tout un commerce qui échappe à tout contrôle. Voir le nombre de poulets vivants vendus dans certains pays d'Europe de l'Est récemment touchés par des cas de grippe aviaire dans le Tableau 2. Dans la seule Ukraine, presque 12 millions de poulets vivants ont été importés en 2004. Les nombres réels sont presque certainement plus élevés, étant donné le marché noir bien connu de volaille circulant dans la région. [39] La Société Hastavuk en Turquie gère le deuxième plus important établissement d'incubation d'Europe, avec une capacité de production de plus de 100 millions d'oeufs à couver par an, dont une partie substantielle est exportée vers Europe de l'Est et le Moyen-Orient. Les oeufs à couver sont bien connus pour propager la grippe aviaire. [40] Cependant, en dépit des risques certains, il n'y a pratiquement pas de réglementation ni de surveillance du commerce de la volaille et des oeufs dans la région.
Source: FAO Stat, FAO, Rome, 2005.
Le commerce mondial de l'alimentation pour la volaille, un autre facteur dans cette pagaille généralisée, est dominé par les mêmes compagnies. Un des ingrédients ordinaire dans l'alimentation industrielle des poulets, et dans la plupart de l'alimentation animale industrielle, est composé par les « déchets de volaille ». C'est un euphémisme pour désigner tout ce qu'on trouve sur le sol des élevages industriels: matières fécales, plumes, litière, etc. [43] La viande de poulet, sous l'étiquette « farine de sous-produits animaux », entre également dans l'alimentation industrielle des poulets. [44] L'OMS déclare que la grippe aviaire peut survivre dans des fèces des volatiles jusqu'à 35 jours et, dans une mise à jour récente à sa fiche d'information sur la grippe aviaire, elle mentionne l'alimentation comme milieu possible pour la diffusion de la grippe aviaire entre les fermes. [45] Les autorités russes désignent l'alimentation comme l'une des principales sources suspectées d'être à l'origine du cas de contamination par le virus H5N1 dans un gros élevage industriel dans la province de Kurgan, où 460 000 oiseaux ont été tués. [46] Cependant, globalement, rien n'est fait pour renforcer les réglementations ou la surveillance de l'industrie alimentaire. Au lieu de cela il semble souvent que c'est l'industrie, et non les gouvernements, qui dirige les opérations.
En Indonésie, fin 2005, avec la grippe aviaire qui faisait rage à travers le pays et qui tuait des gens, le Ministre de l'Agriculture a dit aux médias que les 11 plus grandes fermes de volaille utilisaient certaines lois pour bloquer les inspections de leurs exploitations. Le CP, naturellement, a nié les accusations. « Aussi longtemps qu'elles suivent nos procédures, nous leur faisons toujours bon accueil » a déclaré Sudirto Lim, porte-parole de CP Indonésie. [47] Les petits fermiers n'ont évidemment pas le loisir de dicter les procédures d'inspection -- les autorités surgissent simplement dans leurs maisons et saisissent leurs poulets, qu'elles soient bienvenues ou pas. En Thaïlande, l'industrie et le gouvernement ont été au courant des manifestations de la grippe aviaire des mois avant que la pression publique ait finalement forcé le gouvernement à reconnaître les cas de contamination par la grippe aviaire en janvier 2005. L'industrie a profité de ce laps de temps pour nettoyer ses stocks à fond et s'occuper de ses bénéfices. Les ouvriers travaillant à l'usine de volaille de Centaco près de Bangkok ont dit aux chercheurs Chanida Chanyapate et Isabelle Delforge que dans le mois qui a précédé la reconnaissance officielle des cas de contamination par le gouvernement, on leur a demandé de travailler beaucoup plus d'heures supplémentaires que d'habitude. « Avant novembre, nous traitions environ 90 000 poulets par jour. Mais à partir de novembre et jusqu'au 23 janvier, nous avons dû tuer environ 130 000 poulets chaque jour. » Ils ont vu beaucoup de poulets malades arriver dans l'usine et on leur a ordonné de les conditionner, même s'ils étaient déjà morts de la maladie. « Nous n'avons pas su quelle maladie c'était, mais nous avons compris que la direction se dépêchait de traiter les poulets avant le passage d'une inspection vétérinaire. » [48] En Ukraine, le gouvernement, conformément à l'avis de ses grandes compagnies de volaille, a refusé de mettre en application les programmes de vaccination ou les quarantaines obligatoires dans la région de la Crimée, où les cas de grippe aviaire font rage depuis septembre 2005, en raison de la perte potentielle pour les exportations vers l'Union européenne. Le gouvernement a au commencement ignoré ce que rapportaient les villageois, qui ont commencé se plaindre des décès mystérieux de volaille en septembre 2005, et ensuite, quand il a fini par agir, il a rassuré le public en lui disant que la grippe aviaire s'était seulement déclarée dans des basses-cours des fermes et que le poulet des élevages industriels était complètement sûr. Immédiatement après, on a appris que trois cas s'étaient déclaré dans des élevages industriels en Crimée. [49] L'industrie de la volaille la proclamé la « biossécurité » de ses exploitations. Son refrain est qu'il est facile d'isoler ses systèmes intégrés de la grippe aviaire. Mais à maintes reprises, la grippe aviaire a pu s'infiltrer et a causé des contaminations massives dans desélevages industriels : en Australie (1976, 1985, 1992, 1994, 1997), aux Etats-Unis (1983, 2002, 2004), en Grande-Bretagne (1991), au Mexique (1993-1995), à Hong Kong (1997), en Italie (1999), au Chili (2002), aux Pays-Bas (2003) et au Canada (2004), pour ne citer que quelques exemples en dehors de ceux de la crise récente de la grippe aviaire. En 2004, un certain nombre de cas de contamination se sont produits dans plusieurs élevages de poulet ultra-modernes au Japon. L'une de ces fermes, parmi les plus grandes du pays, n'a pas prévenu les autorités quand ses poulets ont commencé à mourir en grand nombre. Au lieu de cela il a envoyé un contingent de 15 000 oiseaux à l'abattoir plus tôt que prévu. Le gouvernement n'a découvert ce cas de contamination que grâce à une source anonyme. [50] La même chose s'est produite en Ukraine où l'un des élevages industriels touché par la grippe aviaire en Crimée a attendu une semaine pour prévenir les autorités, ne prenant aucune mesure de sécurité pendant ce temps. [51] Et plus récemment en Inde, les autorités locales ont indiqué que le virus H5N1 s'était déclaré pour la première fois et s'était répandu à partir d'un élevage industriel possédé par la plus grande compagnie de volaille du pays. Le gouvernement du district fit adresser à la va-vite un avertissement aux établissements d'incubation de Venkateshwara pour, selon la Loi de police de Bombay, « source de nuisance publique et de menace pour la santé » mais la compagnie continue de clamer que ses locaux sont sains et de nier son implication dans la propagation de la maladie. [52]
Même avant l'arrivée de la crise actuelle de la grippe aviaire, l'aviculture industrielle était déjà un désastre environnemental et socio-économique. Ces dernières années, l'industrie a pu se développer dans les pays en voie de développement seulement en externalisant ses coûts et en se servant du pouvoir du monopole pour exploiter les ouvriers et les producteurs sous contrat -- les populations locales doivent supporter les coûts, et les avantages vont ailleurs, étant donné que la majeure partie de laproduction est exportée vers des pays plus riches. Maintenant, avec les cas de contamination par le virus H5N1, des gens meurent à cause de cette industrie, et le problème ne cessera jamais aussi longtemps que l'élevage industriel continuera d'augmenter et de fonctionner sans rendre compte de ses actes. La grippe aviaire est encore un autre des scandales qui ont éclaté maintes et maintes fois dans d'autres secteurs de l'industrie alimentaire multinationale, de la maladie de la vache folle au maïs Star Link. Il est simplement honteux que l'industrie avicole essaye de le manipuler pour en faire une occasion de plus de faire des profits sur le dos des petits agriculteurs. En attendant, la FAO, qui sait parfaitement bien combien la volaille est importante pour les populations rurales pauvres, est complice dans cette stratégie de l'industrie. Elle a fait peu pour protéger les petits élevages de volaille des accusations sans fondement dont ils ont été l'objet. Pire encore, elle s'est saisie de preuves légères pour avancer l'idée que les basses-cours font partie du problème. La plupart des gouvernements, du Sud comme du Nord, souvent étroitement liés à la puissante industrie avicole et pris dans l'orthodoxie néolibérale, ont été heureux de s'y rallier. Ce n'est pas une petite affaire. Le virus H5N1 est une réalité, et les inquiétudes quant à une pandémie humaine le sont aussi. Cependant, si nous acceptons la théorie des oiseaux-sauvages-et-des-basses-cours et ignorons le rôle de l'industrie avicole multinationale, nous ouvrons grand la porte à une pandémie de ce type. La stratégie de maîtrise du virus H5N1 par la destruction des basses-cours génétiquement diversifiées et par le développement d'exploitations bien plus intensives de volaille, augmentera paradoxalement la possibilité -- ou probabilité, comme certains le pensent -- d'une version humaine transmissible de la grippe aviaire mortelle émergeant des élevages industriels à grande échelle, le coeur de la production et du commerce globalisés du poulet aujourd'hui. La FAO a récemment montré de la bonne volonté à aller au-delà de la théorie des oiseaux migrateurs et à regarder du côté du rôle de l'industrie avicole. « Il est très facile de blâmer les oiseaux sauvages et la migration des oiseaux parce que personne n'est responsable. Il est possible que les oiseaux sauvages puissent présenter le virus, mais c'est par les activités humaines de commerce et d'échanges que la maladie se propage, » a indiqué Juan Lubroth en janvier 2006. [59] Mais rien de suffisant n'est fait pour s'attaquer à, ou même identifier ces « activités humaines » à l'origine de la crise de la grippe aviaire Si la grippe aviaire est aussi sérieuse que le dit l'OMS, si des millions de personnes pourraient potentiellement mourir d'une pandémie de H5N1, alors comment se fait-il que cette industrie continue à fonctionner avec si peu de surveillance et tellement d'impunité et de soutien de la part des gouvernements ? Ce dont les gens ont vraiment besoin, c'est d'une protection adéquate et effective contre l'industrie avicole multinationale. Il faudra que la société civile exerce une pression forte et concertée pour dépasser l'exagération et l'hystérie, défendre les petits agriculteurs et la volaille des basses-cours, et commencer à construire des systèmes alimentaires qui placent les êtres humains devant les profits.
GRAIN, « Qui est le dindon de la farce ? Le rôle central de l'industrie de la volaille dans la crise de la grippe aviaire », Février 2006, traduit de l'anglais par Christine Domerc (BEDE) http://www.grain.org/briefings/?id=195 1Hans Wagner, FAO-RAP, "Protecting the environment from the impact of the growing industrialization of livestock production in East Asia", APHCA 26ème session, Subang Jaya, Malaysia, 24-26 août 2002: http://www.fao.org/ documents/show_cdr.asp?url_file=/docrep/ 005/ac801e/ac801e00.htm 2H5N1 est un sous-type de virus de grippe aviaire, celui qui est actuellement au centre des craintes de pandémie humaine. 3Isabelle Delforge, "The flu that made agribusiness stronger," Focus on the Global South, Bangkok, 4 juillet 2004: http://www.focusweb.org/main/html/Article367.html 4Mark Henderson, "Scientists aim to beat flu with genetically modified chickens," The Times, Londres, 29 octobre 2005: http://www.timesonline.co.uk/ article/0,,25149-1847760,00.html 5A Permin et M Bisgaard, "The Scope and Effect of Family Poultry Research and Development: A general review on some important diseases in free-range chickens," document principal pour la conférence éléctronique INFPD: http://www.fao.org/ ag/againfo/subjects/en/infpd/ documents/econf_scope/add_paper11.html 6FAO, "In Praise of Family Poultry", Agriculture 21, Rome, mars 2002: http://www.fao.org/ag/magazine/0203sp1.htm et site web pour l'International Network for Family Poultry Development: http://www.fao.org/ag/againfo/ subjects/en/infpd/home.html 7Tran Dinh Thanh Lam, "Bird Flu Strategy Will Hit Poultry Farmers", IPS, Ho Chi Minh Ville, 15 novembre 2005: http://domino.ips.org/ ips%5Ceng.nsf/vwWebMainView/ 9190FA02797E3832C12570BA0022F907/?OpenDocument 8A McLeod, N Morgan, A Prakash et J Hinrichs, "Economic and Social Impacts of Avian Influenza" FAO, Rome, novembre 2005: http://www.fao.org/ag/ againfo/subjects/en/health/ diseases-cards/avian_recomm.html; Chanida Chanyapate et Isabelle Delforge, "The politics of bird flu in Thailand," Focus on the Global South, Bangkok, 20 avril 2004: http://www.focusweb.org/content/view/273/29/ 9Elisabeth Rosenthal, "Bird flu threat takes away chickens' free range," International Herald Tribune, 9 décembrr 2005. 10A Stegemen et al, "Avian influenza A virus (H7N7) epidemic in the Netherlands in 2003: Course of the epidemic and effectiveness of control measures," Journal of Infectious Diseases, 2004, 190:2088-2095; ME Thomas et al, "Risk factors for the introduction of high pathogenicity Avian Influenza virus into poultry farms during the epidemic in the Netherlands in 2003," Preventative Veterinary Medicine, 2005, 69:1-11 11A McLeod, N Morgan, A Prakash et J Hinrichs, op cit (note 8). 12Après avoir examiné plus de 13 000 oiseaux sauvages dans les marais à l'intérieur des provinces infestées par lagrippe aviaire en Chine, les chercheurs ont identifié seulement six virus hautement pathogènes de la grippe aviaire chez six oiseaux. La conclusion d'ensemble de l'étude indique: « La transmission dchez la volaille est le principal mécanisme de maintien du virus H5N1 à l'état endémique dans cette région. » H Chen et al, "Establishment of multiple sublineages of H5N1 influenza virus in Asia: Implications for pandemic control," PNAS early edition, Proceedings of the National Academy of Sciences of the USA, Washington DC, 10 février 2006: http://www.pnas.org/cgi/doi/ 10.1073/pnas.0511120103 13FAO et OIE, en collaboration avec l'OMS, "A Global Strategy for the Progressive Control of Highly Pathogenic Avian Influenza (HPAI)," novembre 2005: http://www.fao.org/ag/againfo/ resources/documents/empres/AI_globalstrategy.pdf 14BirdLife International, "Wild birds 'victims not vectors'", Cambridge, 8 décembre 2005: http://www.birdlife.org/news/news/ 2005/12/flu_migration.html; FAO, "Fish feed formulation and production; A report prepared for the project Fisheries Development in Qinghai Province," Rome, novembre 1990: http://www.fao.org/docrep/ field/003/U4173E/U4173E00.htm. 15Melville, D et K Shortridge "Reflection and Reaction," The Lancet Infectious Diseases, Vol 4, 2004, pp 261-262. 16BirdLIfe International, "Are high risk farming practices spreading avian flu?", communiqué de presse, Cambridge, 18 janvier 2006: http://www.birdlife.org/ news/news/2006/01/flu_agriculture.html 17Id, op cit (note 14). 18Suarez DL, Senne DA, Banks J, Brown IH, Essen SC, Lee C-W, et al, "Recombination resulting in virulence shift in avian influenza outbreak, Chile", Emerging Infectious Diseases, avril 2004: http://www.cdc.gov/ncidod/EID/vol10no4/03-0396.htm; DL Suarez, "Evolution of avian influenza viruses", Veterinary Microbiology, 22 mai 2000, 74(1-2):15-27; Toshihiro Ito et al, "Generation of a Highly Pathogenic Avian Influenza A Virus from an A-virulent Field Isolate by Passaging in Chickens," Journal of Virology, mai 2001, 75(9): 4439-4443. 19FAO et OIE, en collaboration avec l'OMS, op cit, p 17 et p 22. 21 "Newcastle Disease Virus, Mutation -- Australia", proMED, 7 décembre 1998. 23 Interview avec Dr Joseph Domenech, Chief Veterinary Officer, FAO, 24 janvier 2006. 24USDA, "Laos: Poultry and Products - Avian Influenza," GAIN Report, US Department of Agriculture, Washington DC, 16 mars 2005. 25A McLeod, N Morgan, A Prakash et J Hinrichs, op cit (note 8). 26Ibid 27Op cit (note 1). 28FAO, "Loss of domestic animal breeds alarming," Rome, 31 mars 2004: http://www.fao.org/newsroom/en/news/2004/39892/ 32 Dr Joseph Domenech, FAO, op cit (note 23). 33Aaron Glantz et Ngoc Nguyen, "Factory fowl no answer to bird flu," Asia Times, 5 novembre 2005: http://www.atimes.com/atimes/Southeast_Asia/GK05Ae01.html 34J Rushton, R Viscarra, E Guerne Bleich and A McLeod, "Impact of avian influenza outbreaks in the poultry sectors of five South East Asian countries (Cambodia, Indonesia, Lao PDR, Thailand, Viet Nam): Outbreak costs, responses and potential long-term control," FAO, TCP/RAS/3010: http://www.hewsweb.org/downloads/ avian_flu/docs/pdf/impacts.pdf 35DVB, "No avian flu in Burma but we are still looking for it, says vet", Democratic Voice of Burma, 1 April 2005: http://english.dvb.no/news.php?id=4399 36Du site web du Groupe Chia Tai: http://www.cpgroup.cn/english/web/ subcorpdetails.asp?PageType=01&OrdNo=24%20 37J Rushton, R Viscarra, E Guerne Bleich et A McLeod, op cit (note 34); Isabelle Delforge, op cit (note 3). 38"News shorts", Meat Processing, Mount Morris, 2 décembre 2003: http://www.meatnews.com/ index.cfm?fuseaction=PArticle&artNum=6569 39USDA, "Poultry Export Guide: Poland, Ukraine, Estonia, Latvia," Washington DC, septembre 1998: http://www.ams.usda.gov/tmd/mta_reports/poulexgu.pdf 40FAO, "Avian Influenza: Disease Card," Rome: http://www.fao.org/ag/againfo/subjects/en/health/ diseases-cards/avian.html 41Elisabeth Rosenthal, "Why do some Turks have bird flu virus but aren't sick?" International Herald Tribune, 11 janvier 2006. 42J Lubroth, Senior Officer, FAO, "Audio interview: Control campaign in Turkey [Press conference]", Rome, janvier 2006: http://www.fao.org/ag/againfo/subjects/en/health/ diseases-cards/special_avian.html et Elisabeth Rosenthal, "UN Aide urges flu transit checks" International Herald Tribune, Paris, 17 janvier 2006. 43Selon l'US Food and Drug Administration, « La litière de volaille se compose de la literie, de l'alimentation renversée, des plumes et de la matière fécale. » http://www.fda.gov/ora/about/enf_story/ch5/cvm1.htm 44En Indonésie, l'alimentation industrielle des poulets contient en moyenne 3% de « farine de sous-produits animaux » : http://www.fao.org/documents/ show_cdr.asp?url_file=/DOCREP/ 004/AB986E/ab986e08.htm 45OMS, "Fact sheet on avian influenza", Genève, mise à jour en janvier 2006 : http://www.who.int/ csr/disease/avian_influenza/ avianinfluenza_factsheetJan2006/en/index.html 46"Kurgan province will suffer more from bird influenza than other regions," Regnum, Moscou, 10 octobre 2005: http://www.regnum.ru/news/medicine/525941.html 47CPAS, "Indonesia to revise laws barring access to poultry farms," AgroIndonesia, 25 octobre 2005: http://www.agroindonesia.com/ agnews/eng/2005/October/25%20October%2001.html 48Chanida Chanyapate et Isabelle Delforge, op cit (note 8). 495 Kanal, "Criminal charges laid in flu outbreak in Crimean factories," 5TV, Kiev, 10 janvier 2006 http://www.5tv.com.ua/eng/newsline/184/0/19445/ 50"Lapses in halting avian flu," Editorial, The Japan Times, Tokyo, 3 mars 2004 515 Kanal, "Crimea: Prosecutors lay charge in bird flu mishandling," 5TV, Kiev, 12 janvier 2005: http://www.5tv.com.ua/eng/newsline/184/0/19487/ 52"Hatcheries put on notice," The Stateman, Kolkata, 21 février 2006: http://www.thestatesman.net/ page.news.php?clid=2&theme=&usrsess=1&id=107510 53David Brown, "Poultry, Not Wild Birds, Most Often Carries Deadly Avian Flu to Africa," Washington Post, 16 février 2006. 54Jia-Rui Chong, "African Bird Flu Case Confirmed", Los Angeles Times, 9 férier 2006: http://www.latimes.com /news/printedition/ asection/la-sci-birdflu9feb09,0,7038039.story ?coll=la-news-a_section 55Olukayode Oyeleye, "FG Confirms Importation Of Infected Eggs As Institute Backs Poultry Farmers," The Guardian, Lagos, 8 juin 2003. 56Selon le chef Olatunde Badmus, Président national de l'Association avicole du Nigéria, « Les rapports ont montré que les oiseaux des cas de Kano et Kaduna ne venaient pas des couvoirs enregistrés, » The Punch, Lagos, 15 février 2006: http://www.punchng.com/politics/article02 57Charles Ozoemena et Tina Anthony, "Bird flu spreading South," The Vanguard, Lagos, 14 février 2006. 58BBC, "Nigerian bird farmer warns of health risks", Londres, 8 février 2006: http://news.bbc.co.uk/1/low/world/africa/4693850.stm 59J Lubroth, Senior Officer, FAO, op cit (note 42). |
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L’influenza avaire : Contrôler l’influenza aviaire par le contrôle des operations avicoles industrielles, par la Coalition "Au-dela de l'agriculture industrielle" Novethic: L'élevage industriel, à l'origine de l'épidémie de grippe FAO: site web sur l'influenza aviaire
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