Le numéro de juillet 2010 de Seedling célèbre le 20è anniversaire de GRAIN
Ce numéro de Seedling, le magazine trimestriel de GRAIN, est désormais disponible en ligne. C’est une édition anniversaire spéciale. En effet, GRAIN existe depuis 1990 et pour fêter cet événement, nous avons consacré la majeure partie de ce numéro à examiner notre propre évolution – et celle des questions qui nous préoccupent – au cours de cette période. Pour marquer l’occasion, Seedling a délibérément changé de style. Nous espérons que vous serez satisfaits.
COPAGEN porte plus loin - Semences de la Biodiversité
juin 2010
Le nouveau « Semences de la Biodiversité ». Edito: "L’information, la sensibilisation et la formation du public d’une façon générale, et des catégories d’acteurs actifs dans le développement, sont des composantes importantes de la stratégie d’intervention de la Coalition pour la Protection du Patrimoine Génétique Africain (COPAGEN). C’est pourquoi l’action que nous entreprenons en nous substituant à GRAIN pour publier « Semences de la Biodiversité » revêt une importance capitale."
Ce qui est “public” est censé être pour le peuple. Cependant, comme en témoigne la recherche asiatique sur les cultures Bt, la recherche agricole dite publique est de moins en moins concernée par les besoins des gens ordinaires et des petits producteurs, et toujours plus à la merci de la science et des intérêts des grandes entreprises. La récente controverse sur l’aubergine Bt dans certains pays de l’Asie du Sud et du Sud-Est, ainsi que la recherche sur le riz Bt dans le secteur public chinois, montrent bien que les gouvernements et les entreprises, qu’ils soient en concurrence ou en collaboration, introduisent de force les mêmes OGM dans les fermes asiatiques et dans l’alimentation. Ceci provoque un changement de perception fondamental de ce que représente la recherche agricole publique : les gens commencent à se rendre compte que leurs universités agricoles et leurs instituts de recherche publics ne sont pas nécessairement de leur côté.
Il s’est passé quelque chose de bizarre la semaine dernière. En effet, beaucoup pensaient que le 26 avril 2010, à l’occasion de sa conférence annuelle sur les questions foncières à Washington, la Banque mondiale allait rendre publique son étude, très attendue, sur l’accaparement des terres. En réalité, la Banque a fait une autre présentation Powerpoint résumant le contenu de l’étude.
Pour un arrêt immédiat de l’accaparement de terres
avril 2010
Disons NON aux principes promus par la Banque mondiale en vue d’ investissements « responsables » de la part des entreprises agro-alimentaires.
En réponse à la nouvelle vague d’accaparements de terres, par laquelle des états et des investisseurs privés, de Citadel Capital à Goldman Sachs, louent ou achètent des dizaines de millions d’hectares de bonnes terres agricoles en Asie, Afrique et Amérique Latine pour produire de la nourriture ou des agrocombustibles, la Banque mondiale est en train de promouvoir un ensemble de sept principes afin d’assurer le succès de ces investissements.
En Amérique latine, comme partout ailleurs dans le monde, les communautés subissent actuellement une nouvelle forme d’invasion de leur territoire. Au cours des dernières années, les investisseurs étrangers se sont emparés de millions d’hectares cultivables en Amérique latine pour y produire des cultures vivrières et des agrocarburants destinés à l’exportation. Une grande partie de l’argent provient de fonds de pension américains et européens, de banques, de fonds de capital-risque et de riches individus. L’argent passe par des véhicules d’investissement agricole mis en place à la fois par des entreprises étrangères et par des entreprises locales.
Révolution verte au Malawi : les dessous du 'miracle'
janvier 2010
Partout dans le monde on vante la réussite de la révolution verte au Malawi. Certes il est bon qu’un gouvernement investisse dans la production alimentaire locale, mais on peut craindre que ce genre de succès ne soit de courte durée sans l’application de changements radicaux. Il faut avant tout redistribuer la terre, de façon à ce que les agriculteurs disposent d’une surface suffisante pour pouvoir produire des excédents. Le gouvernement doit aussi élargir sa vision de l’agriculture et ne pas se limiter aux engrais chimiques et aux semences de maïs hybride.
Un récent documentaire télévisé remonte la piste de la pandémie de grippe H1N1 jusqu’à des élevages porcins mexicains.
En novembre dernier, des gens venus de tout le Mexique, se sont rassemblés dans la vallée de Perote, où est situé le village de La Gloria, pour la cinquième Asamblea Nacional de Afectados Ambientales (l’Assemblée nationale des victimes environnementales). Ce vaste réseau de communautés et d’organisations lutte contre les dégâts environnementaux au Mexique et organise des assemblées périodiques. L’emplacement du dernier rassemblement avait été choisi pour souligner l’importance des luttes locales contre les grands élevages porcins, dans une région qui a attiré sur elle l’attention nationale et mondiale quand, en avril 2009, l’enquête sur l’origine des premiers cas de grippe porcine H1N1a mené à La Gloria. C’était la seconde Asemblea dédiée aux habitants de La Gloria et la première à aboutir à une alliance avec les communautés de la vallée de Perote qui ont désormais rejoint La Gloria dans la résistance à l’élevage industriel. La crise de la grippe porcine a permis d’intensifier la lutte contre l’élevage industriel, transformant une résistance locale isolée en un élément essentiel du mouvement de lutte au niveau national. Un documentaire récent sur la pandémie de grippe H1N1 et l’élevage industriel porte aujourd’hui cette lutte devant une audience internationale et redonne à l’élevage industriel le rôle central dans l’histoire de la pandémie de grippe H1N1.
La crise climatique - Copenhague - pour assurer à l’agriculture une place centrale dans les discussions
décembre 2009
Le 15 décembre, Via Campesina et d’autres mouvements mèneront une journée d’action à Copenhague pour assurer à l’agriculture une place centrale dans les discussions sur le changement climatique. Si l’on ne peut pas attendre grand chose de l’accord officiel, ces groupes seront toutefois porteurs d’un message d’espoir. Ce qu’ils veulent faire comprendre au monde, c’est que leur lutte incessante pour la souveraineté alimentaire constitue un moyen de résoudre la crise climatique.
Déclaration de GRAIN à la conférence de presse commune de GRAIN et Via Campesina
novembre 2009
Il faut mettre fin à l’accaparement mondial des terres !
L’accaparement actuel des terres favorise un système agricole tourné vers les monocultures à large échelle et l’usage d’énergies fossiles. Ce système ne peut pas nourrir tout le monde. C’est une agriculture qui, par la spéculation, nourrit les bénéfices de quelques-uns et accroît la pauvreté des autres. Certes, les investissements sont nécessaires. Mais ce qu’il faut, c’est investir dans la souveraineté alimentaire, dans d’innombrables marchés locaux et dans les quatre milliards de ruraux qui produisent l’essentiel de la nourriture qui permet à nos sociétés de vivre, et non pas dans des méga-fermes aux mains de quelques méga-propriétaires.
Avec tout ce qu’on entend sur la “sécurité alimentaire” et les déclarations déformées des médias, il n’est sans doute pas évident pour tout le monde que les principaux responsables de l’actuel accaparement des terres ne sont pas les pays ou les gouvernements, mais les grandes entreprises. L’attention s’est vraiment focalisée sur le rôle d’États comme l’Arabie saoudite, la Chine ou la Corée du Sud, alors qu’en réalité, même si les gouvernements facilitent les accords, ce sont des entreprises privées qui prennent le contrôle de la terre. Et leurs intérêts ne sont tout simplement pas les mêmes que ceux des gouvernements.
Un nouveau rapport, publié aujourd’hui par GRAIN, montre que l’agriculture peut réincorporer dans le sol une grande partie du dioxyde de carbone présent en excès dans l’atmosphère.
Les sols contiennent d’énormes quantités de carbone, principalement sous la forme de matière organique. Le rapport montre, preuves à l’appui, qu’au cours des cinquante dernières années, l’agriculture industrielle, et le système alimentaire qui lui est associé, ont laissé s’échapper dans l’atmosphère une grande proportion de ce carbone. Des calculs indiquent également qu’une politique qui mettrait l’agriculture entre les mains des petits agriculteurs et s’appliquerait à restaurer la fertilité des sols contribuerait très largement à résoudre la crise climatique qui s’amplifie rapidement. Il est clair qu’un programme coordonné mondialement permettrait de reconstituer graduellement la matière organique perdue au cours des dernières décennies. En l’espace de cinquante ans, les sols pourraient capturer environ 450 milliards de tonnes de gaz carbonique, l’équivalent de plus des deux-tiers de l’excès actuel de CO2 dans l’atmosphère.
Dans ce rapport, nous voyons également que le rôle joué par le système alimentaire industriel mondial dans la crise climatique a été considérablement sous-estimé. Des calculs révèlent que le système alimentaire est le facteur unique le plus important du dérèglement climatique et qu’il est responsable de plus de la moitié des émissions des gaz à effet de serre dans le monde. Plusieurs explications à ce chiffre : la production agricole industrielle totalement dépendante du pétrole, l’expansion de l’industrie de la viande, la destruction des savanes et des forêts pour faire pousser à eur place des marchandises agricoles, l’utilisation d’énergies fossiles pour le transport et la transformation de la nourriture, et l’usage massif des engrais.
Transformer le système alimentaire mondial de façon à refroidir plutôt qu’à réchauffer la planète, nécessite un changement fondamental de notre mode de production. Il faudrait inverser les tendances actuelles qui favorisent la concentration des terres et l’expansion de l’agriculture industrielle. Nous ne serons en mesure de restaurer les milliards de tonnes de matière organique perdus par les sols du monde entier, que si des millions de petits agriculteurs et de communautés rurales ont accès à la terre et peuvent compter sur des politiques qui protègent leurs moyens de subsistance.
Le CGIAR impliqué dans l’accaparement des terres au niveau mondial
septembre 2009
Un document interne récemment mis en ligne sur le site web de l’Institut international de recherche sur le riz (IRRI) révèle que cet institut a conseillé l’Arabie saoudite dans le cadre de sa stratégie d’acquisition de terres agricoles à l’étranger pour assurer sa propre production alimentaire.
L'autre pandémie par GRAIN La crise alimentaire qui a explosé en 2007-2008 n’a pas disparu. Les Nations unies estiment que plus d’un milliard d’humains souffrent aujourd’hui en permanence de la faim.
Non à l'expoitation minière Au cours de la dernière décennie, les communautés du monde entier sont de plus en plus véhémentes dans leur opposition aux grands projets d'exploitation minière qui détruisent leur mode de vie et la biodiversité, et aggravent la crise climatique. Dans ce dossier spécial, des militants de l'Inde et de l'Équateur décrivent leurs luttes.
La lutte des pays Andins contre les DPI par GRAIN L’Équateur, la Bolivie et le Pérou ont récemment pris des mesures qui laissent espérer que certains dispositifs pourraient empêcher la poursuite de la privatisation des savoirs et du vivant. Jusqu’à présent, les progrès ont été décevants. Des questions fondamentales demeurent en suspens. Cette fois encore, c’est aux populations locales qu’il revient de défendre les savoirs et la biodiversité contre les risques de destruction et de privatisation.
Côtes dévastées et mers stériles par GRAIN Dans cet article, GRAIN enquête pour savoir ce que signifie pour les pêcheurs artisanaux le projet d’accord de libre-échange (ALE) EU-ASEAN.
Grippe porcine - une mise à jour par GRAIN Suite à notre rapport sur l'épidémie de grippe porcine en avril 2009, voici une brève mise à jour sur le sujet (Juillet 2009).
GRAIN lance un nouveau site web qui offre l'outil d'information le plus complet sur le phénomène mondial d'accaparement des terres pour une externalisation de la production alimentaire : http://farmlandgrab.org
Ce nouveau site est une version améliorée du site mis en place par GRAIN l'année dernière, qui offre une bibliothèque actualisée en accès ouvert et facile à consulter, de 800 articles, interviews et rapports sur l'accaparement des terres agricoles dans le monde entier, publiés depuis le déclenchement de la crise alimentaire en 2008.
Ce nouveau site fonctionne selon le modèle de l'open-publishing, c'est-à-dire que chacun peut s'inscrire et télécharger des documents vers le serveur.
Le monde merveilleux des multinationales - La menace de l’invasion de la canne à sucre GM
mai 2009
Le boom de la production de soja dans le Cône sud de l’Amérique latine constitue l’une des évolutions agricoles les plus destructrices des vingt dernières années. Les entreprises responsables de ce boom font aujourd’hui une percée agressive dans la canne à sucre, en se concentrant sur de vastes étendues de terre dans les pays du sud où ils peuvent produire du sucre à bon marché. Si ce développement ne provoque pas de réaction, l’impact risque d’être sévère : la production de nourriture locale sera écrasée, les travailleurs et leurs communautés seront déplacés et exposés encore davantage aux effets des pesticides et l’agrobusiness étrangère resserrera encore son étau sur la production sucrière. Nous essaierons dans cet article de voir le rapport entre le développement de la canne à sucre génétiquement modifiée (GM) et les transformations de l’industrie du sucre dans le monde.